Note : tous les termes marqués d'une * sont définis dans le termox.
27/05/09 Les Cases d'Or
Dr MoX
Chers moxistes,
Bientôt le 14 juin 2009, date à laquelle se déroulera la journée Mots croisés et fléchés en fête, organisée par l'association A La Croisée des Mots (ALCM), dans les jardins et les salons de l'Hôtel Soubise à Paris.
Le programme semble intéressant, toutefois je constate qu'il n'est nulle part fait mention d'une remise de prix ou de distinction quelconque, visant à récompenser les plus méritants de la moxista*.
Pour pallier à cette lacune, le Dr MoX a, de son côté, décidé d'inventer le prix des Cases d'Or. Ça, c'est le nom du prix, mais il y aura aussi des Cases d'Argent, des Cases de Bronze et, pour que ce soit plus rigolo, des Cases de Pipi, des Cases de Vomi et des Cases de Merde pour garder à l'esprit que le monde des mots croisés d'auhourd'hui reste malheureusement investi par des blaireaux de toute sorte.
Jusqu'à présent, le Colloque Perpétuel ne s'est intéressé qu'aux moxauteurs* les plus nazes qui soient, à ces blaireaux, justement. Á lire le Colloque, on pourrait penser qu'il n'y a que de la merdouille dans les mots croisés, où qu'on regarde. Pas du tout ! Il y a des trucs valables ! On a dit qu'un jour, on en parlerait.
Chose promettée, chose due !
Commençons par la catégorie moxauteur, où la Case d'Or est attribuée, y'a pas photo, à ADN, pour l'ensemble de son oeuvre moxiste.
Les mots croisés d'ADN sont pleins d'esprit, débordants d'humour, et en prise sur le monde.
Son principe de calembours bons et de jeux de mots laids pour gens bêtes est le garant de définitions jamais banales.
Chez ADN, une définition ne "définit" pas, loin de là. Elle procède par association d'idées. La solution ne se trouve pas dans la ligne de visée de la définition, mais dans un espace de notions plus ou moins en rapport avec le jeu de mot qui sert d'énigme.
C'est extraordinairement intelligent. De plus, c'est un procédé efficace et productif à l'infini, qui n'est pas borné comme peut l'être la technique du Dr MoX, qui arrivera nécessairement à une saturation du lexique, à la redondance des motifs, et atteindra inévitablement un état d'entropie maximum à partir duquel les mox deviendront répétitifs et lassants.
ADN est sans conteste le nouveau caïd des mots croisés, le Number One, qui succède à feu Robert Scipion. Ce n'est pas pour rien qu'ADN gratte pour le Canard Enchaîné, qui a toujours servi les mots croisés les plus intéressants du marché.
Bravo donc, et toutes nos félicitations à ADN, alias Alain Dag'Naud, membre fondateur de ALCM, et longue vie à lui. Á notre avis, il n'est pas prêt d'être détrôné, vu l'état actuel de la moxista.
Pour la Case d'Argent, on va pas aller chercher bien loin : elle est attribuée au Dr MoX pour ses mots croisés innovants, déjantés et truculents.
Vous allez me dire : c'est bien pratique de créer un prix et de se l'attribuer soi-même. C'est vrai, et ça s'est déjà vu pas mal de fois. En général, l'auteur de la manoeuvre ne tarde pas à ployer sous les lazzis de la foule moqueuse. Mais bon, pas de fausse modestie : à qui d'autre attribuer une récompense dans le paysage austère des mots croisés contemporains ?
Le Dr MoX a au moins le mérite "d'avoir su renouveler avec finesse et humour l'inspiration des mots croisés" (dixit ADN, merci, ô mon maître !). Ses mox sont bourrés de créativité et chacun d'eux est un véritable tour de force nécessitant des dizaines d'heures de travail. Par leur impertinence et leur salacité, les mots croisés du Dr MoX ont l'insigne avantage de refouler les imbéciles et, c'est ça qui est le plus marrant, de ne pas faire marrer les pas marrants.
Et puis surtout, c'est le moment d'en profiter, car, comme je viens de le dire, ça ne durera pas éternellement !
La Case de Bronze est attribuée à Michel Baudoin, en récompense de sa perpétuelle recherche en matière d'innovation.
Dans l'univers somnolent des mots croisés, les pionniers sont rares. Avec ADN et le Dr MoX, Michel Baudoin est un des seuls à chercher sans cesse de nouvelles dimensions à notre jeu favori.
Michel Baudoin ne se satisfait pas des mots croisés banals. Il cherche à y introduire de nouveaux signes. On lui doit entre autres les grilles à message, telle qu'on en trouve une dans la page concours du site du Dr MoX.
Les pionniers méritent d'être connus, encore faut-il qu'on en parle. Voilà, c'est chose faite.
Dans la catégorie moxanimateur, la Case d'Or revient au seul véritable professionnel de l'animation autour des mots croisés : Jean Rossat. Son site est ici.
Saluons ce monsieur, d'abord pour sa sympathie et sa gentillesse, et pour son professionnalisme dans l'organisation des manifestations moxistes. C'est le seul d'entre nous qui s'adresse réellement aux jeunes, et de son travail pourrait bien émerger les futurs stars de la moxista qui prendront la relève des vieux birbes que nous sommes.
La Case d'Or de la catégorie Site Web est attribuée sans aucune réserve au site Cruci.com de Hervé Hardouïn.
Cruci.com est de loin le site le plus intéressant et le plus complet sur les mots croisés. On y trouve à peu près tout ce qu'on peut chercher au sujet des mots croisés. Il y a même un forum. C'est un site que je consulte souvent.
Hervé Hardouïn ne recule pas davant une pointe de salacité qui rend son site d'autant plus attractif et rigolo.
Au point de vue design, le site tient bien la route avec une présentation sobre, efficace et élégante.
La Case d'Argent revient au site Mocubic.com.
Il convient vraiment de saluer le travail étonnant et résolument innovant de son auteur, Olivier Silve. Faire des mots croisés en 3D est une idée géniale, il fallait y penser, mais surtout, il fallait la réaliser.
Et en terme de réalisation, c'est une réussite totale. Le site est d'une élégance raffinée, le plus beau du web. L'animation de la grille cubique est parfaite, le choix des couleurs est excellent, la sobriété de l'ensemble suscite l'admiration... Non, vraiment, chapeau !
Il ne reste plus qu'un effort à faire au niveau des définitions, faire en sorte qu'elles soient un peu plus spirituelles et astucieuses, sortir de la synonymie de premier niveau, et ce sera parfait. On s'étonnera également d'un lien vers le site de Sergio au milieu de six autres liens de qualité, mais bon, ce n'est qu'un détail.
La Case de Bronze, dans cette catégorie des sites web, revient au Dr MoX. Motifs : un design soigné qui respecte l'internaute, le MoXionnaire, le dictionnaire de mots croisés le plus complet du web, et l'innovation pour son Colloque Perpétuel et son Termox. Le site du Dr MoX est le seul site sur lequel on peut lire des choses qui sortent de l'ordinaire à propos des mots croisés.
Bon, tout ceci était bien sérieux, il serait temps de rigoler un peu avec les Cases de Pipi, de Vomi et de Merde. Je crois que vous les connaissez déjà, du moins ceux qui lisent régulièrement le Colloque.
La Case de Pipi est attribuée à linternaute.com pour ses mots croisés du Roi Dagobert, avec leurs définition à l'envers.
Ça fait maintenant quatre ans que ces mots croisés hyper débiles, complètement insensés et que personne ne fait polluent la toile, et que linternaute.com caracole toujours en tête des classements de Google sous le mot clef "mots croisés". C'est vraiment agaçant.
La Case de Vomi revient haut la main à l'inénarrable et nullissime Sergio, le petit notot, dit Superneuneu.
<-- Mate la physionomie du mec !
Son blog d'une laideur sans nom, véritable plateforme de dégueulis, reste quand même un chef d'oeuvre d'humour involontaire.
Mais attention, dépêchez-vous d'aller le visiter. Il n' a déjà plus beaucoup de nouveautés, et le petit notot va-t-il laisser son renard en ligne encore longtemps ? Rien n'est moins sûr !
Et enfin, la Case de Merde !
Question : qui sont les larbins serviles suceurs de pines de la kroumista réac et facho ? Qui sont les ultraconservateurs, les conformistes, les bien-pensants, les censeurs, les pères-la-pudeur, les bigots, les culs-bénis de la moxista ? Qui fait du bénévolat au service des nantis ? Qui sont les malotrus, les goujats puant de suffisance et d'arrogance qui regardent de haut la production des autres moxauteurs ?
Y a pas photo : aucun concurrent n'arrive à la cheville de la Royale Association Belge des Cruciverbistes (RABC) pour la remise de la Case de Merde.
Une Case de Merde à Jean Pol Vanden Bordel, dont voici une photo récente :
Jean Pol Vanden Bordel
Même avec les yeux ouverts, il voit rien.
Une Super Case de Merde à Bernard Phacedepet, qui trouve "grossier" les mots croisés du Dr MoX, sans même avoir pris la peine de les regarder :
Bernard Phacedepet
Photographié ici sous son meilleur jour.
En exclusivité, voici une photo du siège de la RABC :
Le siège de la RABC
On a photographié l'endroit le plus propre, pas choquer les plus sensibles.
La RABC fait malheureusement partie des membres fondateurs de l'ALCM. Ça me semble relever d'un défaut d'analyse. On a tort de croire que, parce que des gens ont une même activité que nous, on est du même bord qu'eux. La RABC est à l'opposé des valeurs de modernité, de raffinement intellectuel, de liberté de penser et de respect d'autrui portées par les mots croisés.
Connaissez-vous une profession où des gens exerceraient leur activité bénévolement en dehors de leurs heures de travail ? Un proctologue membre de la Royale Association Belge du Cul qui soignerait des trous de balles gratis après la fermeture de son cabinet ? Un fabricant de slips kangourous qui donnerait une partie de sa production pour le compte de la Royale Association de la Bite et des Couilles ? Une société d'assainissement qui ferait des vidanges à l'oeil dans le cadre de la Royale Association Belge du Caca ? Une pute bruxelloise qui ferait des passes gratuites sous la houlette de la Royale Association Belge des Catins ? Qu'est-ce que c'est que ce scandale ? C'est du jamais vu, non ? C'est impensable !
Et bien non : dans les mots croisés, ça se fait ! Parallèlement à leur production professionnelle, les mecs de la RABC s'adonnent bénévolement à la production de mots croisés et de jeux de l'esprit, et ce en dehors de toute activité caritative ou humanitaire, et qui plus est au profit de vieux bourgeois nantis qui ne manquent de rien.
Les mots croisés sont la seule activité que je connaisse où des professionnels font du bénévolat en distribuant fabor le résultat de leur travail.
Où est l'éthique dans tout cela ? Où est la morale ? Et la déontologie ? Et le respect de la corporation ?
C'est du pur sabotage. Pendant que les mecs de la RABC fournissent gratuitement des mots croisés, de nouveaux moxauteurs peinent à placer leur production. C'est scandalaux. Révoltant. Honteux. Immoral. Il faut que cela cesse. Il faut débarrasser la moxista de ce parasitage.
Nous travaillerons dès maintenant en vue d'essayer de mettre un terme à ce genre de pratiques qui court-circuitent le marché, ce dumping insolent et contre-productif qui nuit à la professionalisation des mots croisés, gage de qualité et, surtout, d'avenir, dans un domaine dont le public vieillit chaque jour davantage.
En attendant, remettons à la RABC la Case de Merde sous les lazzis de la foule, avec élan et en plein travers de la gueule !
Discussion
Tessa Do Mazzo
Comment expliques-tu la passivité de la moxista face aux agissements de la Royale Association Belge des Cruciverbistes ?
Dr MoX
C'est très simple. J'ai déjà dénoncé le manque d'intellectualisme de la moxista, l'absence de réelle réflexion des acteurs du genre sur leur propre pratique. Á ce titre, le Dr MoX fait un contraste retentissant en proposant ce genre de démarche d'élucidation.
Soyons réalistes. Il n'existe qu'une poignée de moxauteurs, sans aucune représentation ni représentativité. Il n'existe même pas de charte des mots croisés, même tacite, régissant la profession.
Deuxième point, si les mots croisés furent, il y a longtemps, une activité prestigieuse, avec des figures médiatiques comme locomotives, leur image s'est totalement dégradée depuis une vingtaine d'années.
Troisième point, l'arrivée d'internet s'est accompagné d'un tsunami d'amateurisme qui, au lieu de restaurer cette image dégradée, l'a au contraire encore plus dévaluée.
La combinaison de tous ces points fait que les mots croisés sont devenus un domaine en complète dérégulation, où le n'importe quoi est devenu la règle et le quotidien.
On ne peut tolérer que des professionnels fassent du bénévolat. Des professionnels bénévoles sont des voleurs, et rien d'autre, qui méritent d'être fustigés par leurs confrères, comme cela se ferait dans n'importe quelle autre corporation. Dans ce cadre, le bénévolat, c'est du vol.
La Royale Association Belge des Cruciverbistes est le symptôme de cette dérive du genre. Une prise de conscience est nécessaire pour éradiquer ce genre d'égarements.
07/05/09 Sociologie des mots croisés 2
Dr MoX
Chers moxistes,
Nous allons aujourd'hui traiter un sujet sensible, un sujet qui ne peut être abordé que dans le Colloque Perpétuel, tant il requiert de rigueur scientifique, d'objectivité sans faille, d'impartialité, de droiture morale, toutes ces qualités qui sont l'apanage du Dr MoX, dont la réputation de tempérance et de modération n'est plus à faire.
On va parler d'ethnies. De races, quoi.
Je le dis et je le répète, on manque cruellement de stats sur les moxistes. Qui sont-ils ? Comme en plus, en France, toute enquête ou investigation s'appuyant sur des considérations ethniques ou confessionnelles est limite illégale et anticonstitutionnelle, il est bien possible qu'on reste à jamais dans l'ignorance. C'est pour ça que je vais m'intéresser à la partie visible de l'édifice : les moxauteurs, ceux qui font les mots croisés, et non les moxistes, ceux qui les résolvent.
Là, un constat : tu trouveras jamais de mots croisés signés Mohammed Ben Bougnoul, Tching Tchang Tchong, Sri Rabindranath Harekrishna ou Bamboula Yabon Banania. Il y a que des fromages blancs qui fabriquent des mots croisés !
BORDEL !!!
Heureusement que le Dr MoX est là pour mettre un peu de carottes dans cette blanquette de veau. Ça donne un peu de bouquet et de parfum à cette tambouille de décolorés.
Nous autres, chez le Dr MoX, on a des Arabes du Moyen Orient et du Maghreb, avec nos amis Tafik Agca, Tal Boutros Alleh, Imam Hillabite Al Hafez, Mull Bhavez, Saddam C. Femeth, Oussama Fémal Hallabite, Jemal Hossein, Mehmet Rayss, Rabbah Taqueux et Abdul Tehr.
Nous avons des représentants du continent indien, avec Mahatma Pinjebandhur, Veejay Lê Poo Tchanb, Samantha Punnsan Boojeloth, Virammal Shakuti et Thûyaval Upaçevi.
Il y a des Africains, avec Yacine Hannah Abouré, Haïlé Bomomba Bâ, Marie Kush-Twala, Abou M'Boum, Yaléra Nyanya-Kimgene, et Sékou Yamba, sans oublier nos amis Afroaméricains, avec Cole Ombain et Lothar Topwall, et même un Native American, un Peau-Rouge, quoi, Cab Oumpô-Poh.
Des ressortissants d'Extrême Orient nous honorent aussi de leur présence : Saleem Ah-Fon, Wetsu Dantöku, Kha Khà Buù Dinh, Taïpin Okku et Tù Sanh Lê Trong
Bref, il y a de tout chez le Dr MoX, des gens qui viennent de partout dans le monde, de toutes races, de toutes nationalités, il suffit de consulter la liste des participants du Colloque Perpétuel.
Il y a même des abr... des gens qui ont une confession religieuse, c'est pour dire la tolérance et la laïcité de notre sympathique rassemblement, même si tout le monde sait très bien que Dieu n'existe pas.
Chez le Dr MoX, la répartition ethique est irréprochable, tu m'entends ? Irréprochable.
Le seul problème, c'est que tout ces gens n'existent même pas. Ils sont tous le produit de mon imagination. Dans l'isoloir, ça fait jamais qu'un seul vote ! Quel désarroi !
Hélas, dans la réalista, c'est-à-dire dans le monde réel, pas de Blacks, pas de Bougnouls, pas de Niacouais.
Les mots croisés seraient-ils racistes ?
les mots croisés sont ethniquement marqués, du moins en ce qui concerne les auteurs. Dans le profil type du moxauteur, on peut écrire ceci : c'est un individu de race blanche.
Bon, mais il n'y a pas que la question des races : il y a aussi celle du sexe.
Y a pas de meufs chez les auteurs de mots croisés, ou alors si peu qu'il faut que t'essuies tes lunettes pour vérifier si t'as bien vu.
Un exemple frappant : voyez les membres fondateurs de cette nouvelle association, Á la croisés des mots : dix-huit mecs et seulement deux femmes du sexe opposé, et encore en tant que représentantes d'autres assocs.
Pourtant, il y a quelques gonzesses qui font des mox. Je citerais Hélène Beaudry, du site cruciverbiste.com, et surtout Nicole Hannequart, qui arrose les journaux québecois depuis 1979 (L'Actualité, Bel Âge, La Semaine, La Presse, Photo Police) et a publié trois livres de mots croisés (Le Québec en mots croisés, en 2006, Québec en 1608 cases, en juillet 2008, et Le Québec en mots croisés Tome 2, en 2009). Elle a son site ici.
Bon, bien sûr, je sais pas qui se cache derrière les pseudonymes qu'on trouve dans la moxédition*, et il se peut bien qu'il y ait une ou deux bonnes femmes dans le tas.
Sinon ça, que des mecs.
Deuxième élément constitutif du profil type du moxauteur : c'est un individu de race blanche et de sexe masculin.
Alors, les mots croisés, un truc de pédés ?
Le Dr MoX, lui, en tout cas, c'est pas un pédé. Donc, en toute rigueur mathématique, en s'appuyant sur la logique formelle et la méthode du calcul des énoncés, on peut déduire l'énoncé suivant : tous les auteurs de mots croisés ne sont pas des pédés.
Voilà au moins un résultat concret et intéressant.
On a parlé de la race et du sexe, parlons maintenant des djeun's. T'y en as vu beaucoup, toi, des djeun's, dans la moxista* ? Et là, je parle autant parmi les moxauteurs* (y'en a pô) que parmi les moxistes* (y'en a pô des masses non plus)
Est-ce que tu trouves ça normal, toi ?
Troisième élément du profil type du moxauteur : c'est un individu de race blanche, de sexe masculin, et plus proche du sommet de la pyramide des âges que de sa base.
C'est un constat dramatique, mais les mots croisés ne sont pas djeun'. Aujourd'hui, non seulement les mots croisés sont associés à la birbitude, mais ils sont d'un conformisme et d'un bien-pensant affligeants.
Je vais reprendre l'exemple de la Royale ABC. Tu vas me dire que je fais une fixation sur ces crapauds arrogants, mais c'est pas seulement parce que ces crevures m'ont insulté. C'est d'abord parce que, tout comme Sergio est le prototype du neuneu, ou le mec de linternaute.com le prototype du portnin'ouaque fou à lier, ils sont le prototype de ces mots croisés cloîtrés dans une citadelle réactionnaire, hermétique au siècle et plus rigoristes qu'un concile de talibans. Ils représentent tout ce qui est détestable dans le monde des mots croisés : purisme, conformisme, ultraconservatisme, archaïsme, pudibonderie, censure, goujaterie, arrogance, absence de toute morale, goût de chiottes. Pourquoi se priver d'un exemple aussi significatif de ce qui constitue la tare, le boulet, la peste des mots croisés, de tout ce qu'il ne devraient pas être ?
Ce n'est pas un secret : de l'aveu même d'un membre du bureau de la RABC (voir la session précédente, Les Zozos des mots croisés), ces pères-la-pudeur font du bénévolat au profit des vieux kroums nantis et réactionnaires. Quand des mecs comme Philippet, au lieu de se marrer devant un jeu de mot un peu salace, trouvent ça "grossier", ou quand des mecs comme Van den Branden te prennent ça de haut, avec une putain d'arrogance, en faisant les dégoûtés genre "je suis au-dessus de ces choses-là", tu peux être sûr que, déjà, on a affaire à des vrais cons, mais surtout, tu te demande quelle est la place des jeunes dans tout ça.
Les plus jeunes aiment le cacaboudin. Ça les fait rire.
Quant aux ados, ils ne pensent pas que au cul, ils pensent aussi au sexe.
Du sexe, du cacaboudin : c'est ce qu'offrent - ou plutôt, que semblent offrir - les mox du Dr MoX, avec en plus de l'insulte, du blasphème, de la grosse marrade, quoi !
Mais les mots croisés ne doivent pas se limiter à cela. Le créneau choisi par le Dr MoX n'est pas universel. Les mots croisés doivent aussi accrocher le monde contemporain.
Les mots croisés doivent parler de politique, de sport, de people, de cinéma, de BD, de polar, de SF, de musique, de télé, de tout, tout, absolument tout, ce qui fait le siècle.
Á ce titre, vous remarquerez combien les mots fléchés ont une longueur d'avance sur les mots croisés. Dans les mofs*, on trouve souvent une lucarne* qui contient la photo d'un acteur, d'un chanteur, d'une célébrité quelconque, avec des définitions comme "son nom", "son prénom", "son plus grand succès", "ses suppositoires préférés", etc.
C'est tout bête, mais ça marche !
Comment voulez-vous introduire ce genre de mots en prise directe avec l'actualité, le showbiz, les médias, la rue, la vraie vie, quoi, quand, comme la RABC, on se cantonne dans le Petit Larousse Illustré comme seule référence ? Faut-il avoir de la chiure desséchée à la place du cerveau ?
Ils sont hélas représentatifs de la mentalité retardataire et puant le moisi qui règne majoritairement dans la moxista*.
Conformisme, conservatisme, ethnocentrisme, sexisme, gérontocratie : tels sont les attributs des mots croisés francophones en ce début du XXIème siècle.
La question est de savoir si les mots croisés vont persister en tant qu'activité vieillote, marquée par la sénescence, créée et pratiquée par des kroumirs vieillisants, ou si moxauteurs*, moxistes* et moxéditeurs* vont se décider à ravaler la façade, à filer un méchant coup de jeune à la discipline, à bousculer un peu le conformisme mortifère qui la mine et la corrode.
Discussion
O. Nadjaf Emineth de Foix
Okay ! Les mots croisés sont un trucs de vieux mecs blancs.
Mais il y a une autre activité humaine, dans notre société occidentale, dont les acteurs présentent les mêmes caractéristiques, le même profil type.
Sauriez-vous deviner laquelle est-ce que c'est ?
Tous
- Mmm...
- Je vois pas...
- Je file ma menteuse au greffier...
- Et moi je donne ma langue... au plus offrant !
O. Nadjaf Emineth de Foix
La politique, eh, bande de nazes !
Majoritairement des mecs, majoritairement des vieux, majoritairement des blancs.
Mais on est entré dans l'ère Obama : un jeune (relativement), noir, ou du moins métis, et bien qu'il reste un mec, il y a quand même un net progrès.
Alors, si la politique est capable d'évoluer, pourquoi pas les mots croisés ?
17/04/09 Les zozos des mots croisés
Dr MoX
Chers moxistes,
Dernièrement, il m'est arrivé un truc qui m'a vraiment mis en rogne. Je ne décolère plus depuis. Laissez-moi vous raconter.
Il y a trois mois de cela, j'envoie un email à chaque membre du bureau de la Royale Association Belge des Cruciverbistes. Cinq en tout. Ce message avait pour but de présenter le site du Dr MoX. Le texte en était semblable à peu de choses près à celui que vous pouvez voir ici.
Une dizaine de lignes, sur un ton courtois, s'achevant par "j'espère que ce site vous plaira. Bien à vous, Dr MoX". Notons que ce message n'appelait pas spécialement de réponse.
Or, qu'est-ce que je reçois le lendemain ? Un mail hyper lapidaire, sec, tendu, agressif, envoyé par Bernard Philippet, le vice-président de l'association :
Ce type de jeux ne nous intéressent pas. C'est grossier !Ça m'a foutu dans une colère noire !
D"abord, avant de parler du fonds, sur la forme : pas de salutations, pas de formule de courtoisie, pas de signature. Ce mec s'adresse à toi comme si t'étais un cafard.
Tous ceux qui aiment internet et savent s'en servir connaissent la primauté de ce qu'on appelle la nétiquette, c'est-à-dire l'étiquette du net : courtoisie, politesse, respect des formes, propos mesurés... Quand on ne sait pas à qui on a affaire, on évite autant que possible de blesser ou de choquer son interlocuteur.
Pas pour Philippet qui, ayant moins de savoir-vivre qu'un porc, n'en a certainement jamais entendu parler et se permet, par la seule forme de son message, d'insulter celui qui l'a aimablement contacté sans rien lui demander en retour.
Quand au contenu, je vous laisse juge.
Á quel point faut-il manquer de jugement et de discernement pour avancer une telle connerie ? Les premiers mots du site du Dr MoX expliquent qu'il s'agit toujours de second degré ! Que toutes les définitions semblent renvoyer à des trucs cradingues, mais qu'en réalité il n'en est rien !
Ensuite, un simple survol du site et de son contenu, le démox, le Colloque Perpétuel, le MoXionnaire, le Termox et autres, sans négliger le design, peut-être pas génial, mais soigné et fonctionnel, aurait convaincu quiconque, sauf les vrais imbéciles, de la haute tenue de ce site.
Pas Philippet, qui entre donc de plain pied dans la catégorie susnommée. Heureusement qu'il est pas proctologue parce que, visiblement, le mec est incapable de voir un trou du cul au milieu d'une paire de fesses. Quel crédit peut-on apporter au jugement d'un gus capable de commettre de tels contresens et de telles interprétations abusives ?
Qui plus est, c'est un goujat, un malotru, un malpoli, en un mot, c'est un grossier, comme quoi c'est çui qui dit qui y est.
Personnellement, j'aurais honte de passer pour un imbécile aux yeux d'un mec qui, visiblement, en a dans la théière. Mais, pire encore, j'aurais honte vis à vis de moi-même pour ne pas avoir su décéler les marques évidentes d'un humour décalé, d'une réflexion originale, et du travail pharamineux qui a abouti à ce résultat. Une honte à mourir !
Philippet préfère se satisfaire de l'idée que les autres se complaisent à se vautrer dans une vulgarité primaire faite de scatologie et de vannes à deux balles en dessous de la ceinture.
Manquer à ce point de discernement et de raffinement intellectuel me consterne. Et dire que c'est avec ce genre de zozos qu'il faut composer dans la moxista*, ça me donne envie de gerber.
Bien sûr, j'ai aussitôt envoyé un message d'indignation. Pas de réponse de la part de Philippet, ni d'ailleurs du président de l'association, bien qu'il me semble que Philippet ait parlé en son nom ("ne nous intéressent pas").
Pas étonnant, puisque les imbéciles sont la plupart du temps des couards et des faux-culs.
Par contre, j'ai reçu quelques messages de Jan-Pol Van Den Branden, trésorier et webmestre de la RABC, qui m'en a appris long sur cette assoc et ce qu'elle représente.
Bon, à peu près autant de courtoisie que Philippet, avec un petit effort tout de même, mais qui montre que, visiblement, ces mecs, ça les arrache de respecter l'étiquette. Éthiquement, on n'est ni de la même génération ni de la même école, ça se voit. Par ailleurs, il déclare en préambule ne pas s'exprimer au nom de PhiliFaceDePet, ce qui laisse de facto en souffrance mon message de protestation, demandant une réponse celui-là.
Van Den Bordel est aussi crétin que son homologue, jugez du peu :
J'ai regardé votre site et ai fermé aussi vite car rien que de la vulgarité, ça lasse même s'il faut comprendre au 3e degré car une bite, pour moi, c'est une bite !Mais non, abruti ! S'il y a un domaine dans la vie où une bite n'est pas une bite, c'est bien les mots croisés ! Pour le Dr MoX, bite sera soit une conjugaison du verbe biter, comprendre, en argot scolaire, soit le verbe to bite, mordre en anglais, soit autre chose, comme dans le démox, V4.2, "Non, il ne retire pas sa bite, mais il doit", pour DEBITEUR. Et bitte sera soit la pièce à l'avant d'un bateau pour l'amarrage, soit un bollard, soit s'il vous plaît en allemand ! En aucun cas une bite ne sera une bite !
Attendez la suite :
Quand on m'interdit de définir NIDIFIONS par nichons car cela pourrait choquer, je ne pense pas trouver mon bonheur chez vous.Mais quel blaireau, c'est pas vrai ! C'est justement parce qu'on t'interdit autre chose que la pudibonderie des pères-la-pudeur, des bigotes et des bien-pensants, que tu devrais pouvoir t'éclater avec un peu de grivoiserie et de paillardise, surtout quand c'est intelligemment fait ! On te demande pas de chanter "la bite à Dudule" avec un slip sur la tête à la fête de la bière, eh, espèce de snul !
Attendez, ça s'arrête pas là, parce que le mec, il est tellement brelot qu'il en rajoute sans même se rendre compte qu'il se ridiculise, et par là-même, se condamne lui-même au mépris :
Notre association (RABC) ne regroupe que des bénévoles et un jour, la publication d'une grille avec des contrepets a tellement heurté qu'on a failli perdre beaucoup de membres ! Les mots-croisés intéressent surtout les retraités qui n'ont pas bien vécu l'après-69 ! (sic)Et pendant le 69, ils allaient bien ? Bon, passons. Van du Bran aborde, la gueule enfarinée, ce qui constitue justement le handicap des mots croisés aujourd'hui : les représentations associées à la vieillesse et à la mort. Lire à ce sujet notre précédent session, Sociologie des mots croisés.
Cela souligne l'ingénuité et le manque total de recul que manifestent ces zozos à l'égard de leur pratique.
Si la RABC était une entreprise avec du pognon à la clef, on comprendrait. Chaque entreprise choisit son public cible, où elle a le plus de chance de trouver sa clientèle.
Si la RABC était une association à vocation sociale, caritative ou autres, pour venir en aide à des personnes âgées dans le besoin, dans l'isolement, ou socialement défavorisées, d'accord.
Mais là, ce n'est pas le cas. Les bénévoles de la RABC se trouent le cul au profit de vieux bourgeois réacs, hostiles à toute innovation ainsi qu'à toute pensée politiquement incorrecte selon leurs critères de vieux fachos, et qui ne manquent de rien si ce n'est d'un soupçon d'humanité.
Ce qui me choque, c'est l'absence de morale dans cette démarche. Faire du bénévolat en faveur de vieux kroums, de nantis rigoristes et ultraconservateurs, qui vomissent toute pensée en dehors des clous de la bien-pensance, je trouve ça sans fondement éthique ni moral.
Non, mais, franchement ? Se formaliser d'une contrepèterie ? Est-ce que ce sont ces valeurs que l'on veut défendre ? Sont-elles seulement défendables ?
Personnellement, j'aurais été plutôt satisfait de me débarrasser de ces vieux pruneaux avec un manche à balai dans le cul. Á l'inverse, c'est avec empressement que Van Dla Bédole et son équipe de peigne-culs ont expurgé leur production pour récupérer ces sinistres débiles.
La RABC croit faire de la culture, mais ce qu'elle fait réellement, c'est de la censure :
En conclusion, il n'est pas question de faire la moindre mention de votre site sur le nôtre, vous en conviendrez.Un peu que j'en conviens. Surtout maintenant. Pas question d'avoir affaire de quelque manière que ce soit avec cette peste brune. D'ailleurs, je ne donnerai même pas de lien vers leur site, pour ne pas leur faire la faveur d'une meilleure visibilité sur le net. J'invite ceux qui sont d'accord avec moi à retirer leurs éventuels liens vers cette association qui sent mauvais.
Et devant tant de sottise et de bêtise crasse, j'en profite pour clamer haut et fort ce que je ne manquerai pas de répéter en toute occasion venant à se présenter :
Le Dr MoX ne fait pas de mots croisés pour les imbéciles.
Et j'adresse ce message à tous ceux qui me font l'honneur et le plaisir de se fendre la gueule quand ils font mes mox, parce qu'il faut vraiment avoir l'esprit tordu d'un pisse-vinaigre acariâtre et constipé de la théière pour voir le mal là où il n'y a que de la grosse marrade.
Bon j'ai fait le tour de ce courrier de Van Den Beurk. Juste ajouter qu'il me qualifie de "Jean-Marie Bigard des mots croisés", ce que, venant de quelqu'un d'autre, j'aurais pris pour un compliment, et qu'il se fend également d'un autre courrier pour me signaler une faute d'orthographe dont je n'avais strictement rien à foutre dans son courrier précédent :
Veuillez lire dans mon premier mail interviendrai et non interviendrez. C'est là encore l'exigence d'un auteur de mots-croisés : une parfaite connaissance du français !Eh, non, encore tout faux ! Ce n'est pas comme ça que ça se passe. La maîtrise du code en toute situation n'est pas un aspect fondamental de la moxista*. L'esprit et l'humour sont des stratégies bien plus créatives ! Ça ne fait que démontrer qu'en plus, ces porcs appartiennent à la purista*, la vérole des mots croisés.
Pour ma part, le pourquoi d'un tel comportement, aussi stupide qu'infondé, tient avant tout dans la jalousie.
Imaginez ces branleurs, avec toute leur idéologie archaïque et dégénérée, découvrant le site du Dr MoX : humour déjanté, truculence, démarche innovante, politiquement incorrecte, mais aussi outil sans pareil avec le MoXionnaire, et, épouvantail absolu pour ces ramollis du bulbe, une réflexion sur les mots croisés ! Imaginez ! Un "grossier", censé ne parler que de bite et de cul, qui entreprend un vaste travail d'élucidation et d'analyse des pratiques moxistes* ! Eux qui n'ont jamais ne serait-ce qu'ébauché un telle réflexion sur leurs propres actes ! Les voilà confrontés à l'impensable, avec pour première réaction le rejet.
De plus, les mox eux-mêmes sont des grilles thématiques à cent pour cent, parfait aboutissement d'un exercice auquel Philipprout et Van Den Merde se livrent dans Sport Cérébral 7 étoiles de façon lourdingue et sans jamais atteindre l'exhaustivité et l'accomplissement des mox du Dr MoX.
Autrement dit, les mox du Dr MoX marqueront l'histoire des mots croisés, on en reparlera bien après la disparition du bon Docteur, tout comme on parle aujourd'hui encore des mots croisés de Robert Scipion, tant il a marqué le genre par son génie, l'acuité de sa perception de l'actualité, sa pertinence autant que son impertinence, et son sens de l'énigme jamais égalé.
Par contre, les zozos de la RABC, Philicrotte et Van Den Bourricot en tête, resteront à jamais des branleurs, oubliés sitôt disparus et dont, en plus, on se chargera ici de rappeler le sens aigu de l'action sociale en faveur des nantis, des vieux réacs, de la censure et de tout ce qui participe de la construction de cette image déplorable qu'ont les mots croisés en ce début de XXIème siècle.
Á propos d'image, justement, il se trouve que la Royale Association Belge des Cruciverbistes est membre de la toute nouvelle association Á la croisée des mots, dont nous parlions dans notre précédente session, puisqu'elle déplore elle aussi l'image médiocre des mots croisés.
J'ai donc un problème : je pense que cette nouvelle association est une bonne idée, sauf qu'elle accepte dans ses rangs ceux qui sont les principaux vecteurs de cette image dégradée.
C'est un peu comme si on avait des militants du Front National en membres fondateurs d'une association antiraciste. Il me semble qu'il y a là un conflit d'intentions impossible à surmonter.
Dans le cadre d'un objectif de réunification et de restauration qualitative, on ne peut pas tolérer de tels malotrus, qui affichent un mépris ouvert et un ostracisme insultant envers le travail des autres, surtout quand celui-ci est aussi fortement susceptible d'amener de nouveaux adeptes, plus jeunes et plus dynamiques, avec des points de vue divergents, vers les mots croisés.
J'avais déjà évoqué la RABC pour son choix stupide du PLI comme seule référence pour les mots de leurs grilles. Pensez à tout l'univers du monde contemporain qu'ils s'aliènent au nom d'un règlement imbécile : la politique, les arts et spectacles, le sport, les références culturelles populaires, la moitié du lexique attesté du français, les ressources d'internet, etc.
Quels atouts peut-on espérer d'une bande de branques pareille ? Aucun ! Bien au contraire, ces zozos ne peuvent que tirer vers le bas toute entreprise à laquelle ils participent !
C'est pourquoi je reste attentiste envers cette nouvelle association, craignant qu'elle ne soit peut-être pas à la hauteur pour dépoussiérer cette image "d'activité vieillote et difficile", comme ils le soulignent pourtant avec beaucoup de pertinence dans leurs objectifs. Avec la RABC dans les guiboles, ça risque de faire graviers au premier virage.
Il faut bien comprendre : les mecs de la RABC sont bien trop arrogants pour admettre qu'ils sont archaïques, et que les valeurs qu'ils défendent sont dénuées de tout fondement moral.
Un mot sur leur site : il est moche, avec un design étique qui ne respecte pas les quelques règles fondamentales d'une mise en page, un logo raplaplat, le contenu est sommaire et dans l'ensemble inintéressant. Bien entendu, les quelques mox qui sont offerts ont des cases en forme de rectangle aplatis, inesthétique au possible, l'horreur, quoi.
Enfin, il est évident que ces fesse-mathieus n'ont pas acheté les mox du Dr MoX, alors que moi j'ai acheté les leurs par le passé, ce qui fait d'eux d'authentiques enfoirés.
Pour terminer, je citerais Swift :
Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui.Discussion
Lee Berteen
Que penses-tu du Club Cruciverbiste Français, l'homologue hexagonal de la RABC ?
Dr MoX
Homologue, c'est vite dit. Je crois qu'il y a une grosse différence entre le CCF et la RABC.
Le CCF, c'est à tout casser une centaine de membre, des vieux birbes pour la plupart, qui essayent de s'éclater ensemble. C'est beaucoup plus convivial, et témoignent les weekends où ils se réunissent tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre. Ils se prennent moins au sérieux.
le CCF, ce sont des vieux qui font des trucs pour des vieux, avec quelques jeunes par-ci, par-là. La morale est sauve.
La RABC, par contre, ce sont des quadras ou des quinquas, des actifs, qui grattent bénévolement, et ce depuis des années, pour des trous du cul insortables, des belgicains de la pire espèce, des kroumirs néo-rexistes, des vieux bourgeois réactionnaires au terme de leur promotion sociale et qui n'ont nul besoin de secours contre une quelconque détresse.
La morale en prend un sérieux coup : quitte à faire du bénévolat, que ce soit au moins pour une cause honorable !
Malheureusement pour eux, ceux de la CCF prennent exemple sur le grand frère belge, d'ailleurs ils ont des membres en commun. Ils feraient mieux de suivre leur propre voie, qui consisterait, à l'inverse, à s'affranchir de contraintes imbéciles, comme par exemple la référence au PLI, et laisser le siècle s'introduire dans leurs pratiques. Ils rigoleraient davantage.
Pourquoi ne le font-ils pas ? Parce qu'ils ne réfléchissent pas.
Eh, oui ! Paradoxalement, la moxista* n'est pas peuplée d'intellectuels. La plupart des moxistes agissent par compulsion, et remplissent des grilles à la chaîne, sans jamais prendre de distance avec leur façon d'agir.
Connaissez-vous beaucoup de moxistes* qui, comme nous, s'intéressent aux fondements épistémologiques de leur discipline ? Qui se mettraient à examiner les mots croisés sous des angles psychologiques, sociologiques, ou tout simplement philosophiques ? En connaissez-vous qui s'interrogent sur leur pratique, la remettent en cause, réfléchissent à ses fondements, lui cherchent de nouvelles voies, un nouvel esprit, de nouveaux emblèmes, de nouvelles stars ? C'est une espèce rarissime.
La moxista* n'est pas le domaine des intellectuels, ce qui explique son immobilisme depuis tant d'années, immobilisme qui laisse le champ libre à l'obsolescence et l'archaïsme portés par les mecs de la RABC et tous ceux dans leur genre - et ils sont nombreux, ne croyez pas.
28/03/09 Sociologie des mots croisés
Dr MoX
Chers moxistes,
Pour commencer, je voudrais introduire un nouveau concept, un néologisme issu du Termox, la terminologie des mots croisés inventée par le Dr MoX. Il s'agit du terme "moxista".
La moxista désigne l'univers des mots croisés dans son ensemble : les mox* eux-mêmes, les moxauteurs*, les moxistes* et leurs pratiques, la moxédition*, les idéologies qui traversent cet univers, etc.
La moxista est donc un objet sociologique. Ainsi désigné par un vocable unique, cela autorise sa manipulation en discours et permet de convoquer immédiatement les représentations idoines de façon bien plus efficace que par la périphrase ou la compostion de mots ordinaires.
Sinon ça, j'aurais bien du mal à vous parler de sociomoxologie*, c'est-à-dire de sociologie des mots croisés dans la terminologie du Termox, avec toute la rigueur et la précision qui caractérisent généralement les débats du Colloque Perpétuel.
Laissons de côté toute prétention quantitativiste : malgré mes recherches, je ne dispose d'aucune donnée statistique sur la pratique des mots croisés que ce soit en France ou dans le monde. On se contentera d'une approche qualitative.
Pourtant, j'aurais bien aimé vous inonder de tableaux, vous noyer sous les chiffres, vous présenter des stats par catégories socioprofessionnelles, par tranches d'âge, par répartition géographique, par une flopée d'indicateurs, bref, par toutes ces choses qui donnent l'impression que le mec sait de quoi il cause.
Peut-être existe-t-il, dans les archives de quelque université, un mémoire de maîtrise ou de DEA qui traite du sujet. Peut-être aussi que les grands éditeurs de mots croisés commanditent des études de marché avant de lancer un nouveau magazine. Quoi qu'il en soit, on n'a pas accès à ces informations et, finalement, on n'a rien de concret à se mettre sous la dent.
En plus, qui ça intéresse, hein ? Á part nous, je crois bien que tout le monde s'en fout ! La voilà, la vérité ! Les gens n'en ont rien à cirer de savoir qui fait des mots croisés et s'ils les font au chalumeau ou au marteau-piqueur !
Pourtant, des mots croisés, il y en a partout ! Il n'y a pas un canard, même les gratuits, qui n'ait son mox dans ses pages loisirs.
Tiens, regarde le linéaire des revues de mots croisés dans les kiosques : ça, c'est une donnée quantifiable. Plus d'une cinquantaine de titres chez les éditeurs spécialisés, et plus encore si on ajoute les revues dérivées comme Télé 7 Jeux ou le spécial jeux de Femme Actuelle.
Les domaine des mots croisés est le secteur de la presse de loin le plus fourni en nombres de titres et en linéaire chez les marchands de journaux. Il y a plus de revues de mots croisés que de journals de cul !
Le paradoxe est assez stupéfiant : les mots croisés sont omniprésents, mais remarquablement discrets. C'est un phénomène de société de grande ampleur, si on le compare quantitativement aux pratiques d'autres loisirs, mais pourtant ça reste un phénomène "de coulisses", sans retentissement ni ostentation.
Peut-être faut-il trouver une raison à cela dans le fait que les mots croisés sont une pratique fondamentalement individuelle. Dans les mots croisés, on n'a pas d'adversaire direct. On n'a pas d'équipe. Ce n'est pas un travail collaboratif. On peut faire des mots croisés partout, à la maison, à la plage, dans les transports en commun, dans les lieux publics, mais le moxiste reste avant tout un mec impliqué dans une expérience solitaire, un questionnement silencieux avec un interlocuteur absent.
Les mots croisés s'étalent dans la sphère publique, mais leur pratique reste profondément ancrée dans la sphère privée.
Ainsi, peut-on caractériser les mots croisés non pas comme un phénomène communautaire, une culture de groupe, mais plutôt comme une collection de comportements individuels.
Il existe bien sûr des clubs, des associations, quelques manifestations publiques autour des mots croisés. On citera bien entendu Jean Rossat, qui s'est fait le spécialiste de l'organisation et l'animation de telles manifestations. Il y a le Club Cruciverbiste Français et son homologue belge, la très conservatrice et archaïque Royale Association Belge des Cruciverbistes.
La moxista n'est pas totalement dépourvue de structures et d'acteurs structurants, mais en nombre et en efficacité insuffisants pour pouvoir parler de culture de groupe.
La moxista n'a pas de forum. Elle n'occupe qu'une place réduite dans la sphère publique, qui n'est visible que pas ses manifestations éditoriales dans la presse et, dans une moindre mesure, sur internet.
La moxista ne donne pas lieu à débats. Elle ne représente aucun enjeu dans l'agora. Elle n'est pas l'objet de recherches ni de polémiques. Elle n'attire pas le discours des intellectuels comme le font la plupart des activités humaines.
La moxista n'a pas d'identité sociale propre. Elle n'a pas de code, un code étant un ensemble de signes et de symboles agissant comme des marqueurs sémiotiques de l'identité sociale.
Encore plus étonnat : bien que les mots croisés soient une activité langagière, la moxista n'a pourtant pas de code linguistique, sachant qu'un code linguistique est un marqueur identitaire fort qui agit comme agent de reconnaissance mutuelle entre les membres d'une communauté tout en la distinguant des autres sous-groupes.
La moxista s'apparente plutôt à un protogroupe social, comme on parle de protogalaxie ou de protoécriture, c'est-à-dire d'objets physiques ou abstraits en cours de formation, déja présents mais qui n'ont pas encore précipité (métaphore de la chimie) pour fonder un corps stable et fortement structuré. Les attributs de la moxista sont insuffisants, en nombre comme en qualité, pour créer un lien social spécifique à une identité culturelle.
Voilà ce que je peux dire dans un premier temps sur la statut social de la moxista.
Voyons maintenant un autre aspect : celui des représentations associées aux mots croisés. Autrement dit, quelle image ont les mots croisés dans la société. Aujourd'hui, je ne ferai qu'aborder succinctement cette question, car je voudrais lui consacrer une session spéciale du Colloque. Ça me paraît être une question importante qui mérite bien d'être traitée à part.
Dernièrement, une association a vu le jour en France : Á la croisée des mots. Je vous laisse visiter son site pour en savoir plus. Je retiens surtout la remarque qui est faite sur la page qui explique les objectifs de l'association :
[Les fondateurs] ont constaté que si le jeu de mots croisés était très pratiqué, son image restait assez médiocre.Cette remarque me paraît très pertinente.
Bien qu'activité intellectuelle intense, les mots croisés ne sont pas perçus comme l'activité de l'élite intellectuelle d'une nation. Ils ont plutôt la réputation d'être plus une amusette qu'un exercice sérieux. Beaucoup les considèrent comme l'apanage des oisifs, une occupation de branleurs qui n'ont rien de mieux à foutre. Au mieux de ces évaluations dépréciatives, les mots croisés sont perçus comme un bouche-trou propre à faire passer le temps quand on est dans une salle d'attente, un train, ou quand on est de ceux qui mettent du temps à faire caca.
Un autre boulet que se traîne la moxista, c'est qu'elle est fortement vérolée par la purista*.
La purista*, ce sont les puristes, les xénophobes de la langue, les réacs du langage, les censeurs de la parole, les normalisateurs obsessionnels, enfin, bref, tout le côté obscur de la langue et son cortège d'ignorance, de haine et d'intolérance.
La purista*, c'est avant tout une idéologie sordide qui se donne des airs de bon samaritain.
Il peut d'ailleurs paraître étonnant que les mots croisés, "jeu de mots" par excellence dans le sens où toute licence avec la langue est non seulement permise mais également bienvenue, il peut paraître étonnant, donc, qu'ils soient à ce point infestés par la purista*.
Toutefois, je n'en dirai pas plus long sur ce sujet, la purista* étant à elle seule un univers entier à explorer et à décrire, un univers sordide, certes, mais infiniment intéressant par ce qu'il révèle sur la psychologie des locuteurs. On y reviendra.
La purista* véhiculant une image déplorable, celle-ci rejaillit sur les mots croisés qui sont alors perçus comme la mise en oeuvre d'un savoir ésotérique, discriminatoire, inaccessible au commun, avec quand même une certaine odeur d'élitisme, d'archaïsme, voire de putréfaction.
En fin de compte, avec tout ça, les mots croisés ne sont pas perçus comme socialement valorisants.
Une exception toutefois : les vieux.
Oui ! Les vieux ! Les kroums ! Les vioques ! Les birbes ! Les mots croisés sont considérés avec bonhommie lorsqu'il sont vus comme le loisir favori des personnes âgées. Dans la presse, notamment lorsque la presse locale dresse le portrait d'un kroumir de la région, il est souvent mentionné qu'il ou elle pratique les mots croisés comme passe-temps favori. C'en est devenu un cliché.
C'est un fait sociologique avéré : les mots croisés participent des stratégies de la déprise, c'est-à-dire des comportements de la personne âgée en vue d'anticiper et de ralentir les processus du vieillissement intellectuel.
La déprise est un concept très intéressant, et je vous renvoie à l'article de Wikipédia sur le sujet, dont je reprend le premier paragraphe en guise de définition :
La déprise est un concept sociologique utilisé par la sociologie de la vieillesse et du vieillissement française qui permet d'envisager l'individu âgé avançant en âge comme un acteur pris dans un travail de négociation dont l'enjeu serait le maintien de son identité en dépit des éventuelles implications biologiques et sociales du passage du temps telles qu'une dégénérescence physiologique ou un veuvage.Le terme de déprise traduit le sentiment de perte d'emprise de la personne vieillissante sur son environnement social, due à son statut de retraité, à la régression de son rang social, au départ des enfants, à la mort de ses congénères, au délabrement physique et intellectuel, etc.
C'est là qu'une statistique par tranches d'âges serait très éclairante, et devrait confirmer que la pratique des mots croisés augmente avec l'avancée en âge des individus. Mais ce qui serait vraiment intéressant, ce serait de pouvoir la comparer avec d'autres pratiques de la déprise, pour voir si les mots croisés y ont une place privilégiée, ou s'il s'intègre dans une moyenne aux côtés d'activités telles le jardinage, la marche, la télé, etc.
Cette représentation des mots croisés comme un loisir du troisième âge est un véritable fardeau pour la discipline. L'association des mots croisés à la vieillesse renvoie nécessairement aux représentations négatives de la vieillesse, c'est-à-dire non seulement à la dégénérescence physique et mentale, à la solitude, voire à la pauvreté, mais aussi, et surtout, à la mort, tout simplement. Aussi, je résumerai ceci en disant :
L'image médiocre des mots croisés dans la société française est une conséquence des représentations liées à la mort qui leur sont associées.
Je conclurai sur cets fortes paroles.
Discussion
Vaçlav Elbert Lingaud
Je voulais te faire remarquer que tout à l'heure, tu as parlé des journals de cul au lieu de dire les journaux. C'est une faute de français !
Dr MoX
Et pas que ! En plus, je t'emmerde !
D'autres remarques ? Ou des questions ?
Anna Lyse Dürihn
Cette mise en relation des mots croisés avec la mort est très audacieuse et je félicite le Dr MoX pour cette avancée notoire de la sociomoxologie*.
Tu as cependant passé sous silence bien des aspect de la sociologie du mox. Par exemple, qu'en est-il des mots croisés et de l'éducation ?
Dr MoX
Oh la ! Je suis conscient d'être passé à côté de beaucoup de choses. On aura d'autres sessions du Colloque pour les aborder, je pense notamment à un thème comme "mots croisés et culture", ainsi qu'à une enquête sur la moxédition* à condition que les moxéditeurs* acceptent de répondre à quelques questions.
Cependant, je ne sais pas si il y a beaucoup de choses à dire sur les mots croisés et l'éducation, si tu veux parler de l'école. Car si c'est de la construction de l'individu qu'il s'agit, alors le sujet relève plus des la psychomoxologie* et de la psycholinguistique, et ce n'est pas l'objet de mon intervention d'aujourd'hui.
Pour les mots croisés conçus dans une visée éducative et scolaire, il faut bien comprendre qu'ils ne sont alors qu'une infime partie d'un processus infiniment plus vaste recouvrant l'apprentissage de la langue et des normes sociales qui la régissent. Les mots croisés sont alors l'objet d'exercices ponctuels s'incluant dans des programmes s'étendant sur des années.
Alors, bien sûr, un pédagogue pourrait s'étendre sur le sujet, et probablement y a-t-il déjà eu des travaux de recherches là-dessus, dans le domaine des sciences de l'éducation. Si un jour j'arrive à mettre la main sur un de ces travaux, j'y reviendrai.
Mais d'un point de vue purement sociomoxologique, je ne pense pas qu'on puisse en dire grand chose. C'est anecdotique.
Dans les cadres scolaire et enfantin, les mots croisés se réduisent souvent à des "mots entrecroisés" et non à des mox* dont on a décrit la forme canonique dans notre session de l'autre fois, "Le canon des mots croisés".
Par ailleurs, le net regorge de sites de mots croisés pour enfants. Outre les mots entrecroisés baptisés abusivement "mots croisés", et semant la zone dans les moteurs de recherche en multipliant les réponses pointant sur des sites qui ont peu de chose à voir avec les mox*, on y trouvera des grilles réduites, limitées à un format de 7x7 au maximum, avec un grain* hyper élevé et des définitions rudimentaires, parfois même des dessins.
Enfin, bref, si ça partage une forme qui est indiscutablement celle du mox*, les mots croisés dits "pour enfants" ont quand même peu de chose à voir avec leur version "adulte", notamment dans leur conception, car n'importe qui est capable de te chier un mox pour enfant avant même d'avoir terminé sa clope.
Au niveau de la moxédition*, il n'y a pas de revue de mots croisés spécifiquement dédiées aux enfants. Il y a des revues pour enfants, tout court, où les mots croisés se mêlent à d'autres jeux divers, et si le gosse est suffisamment mature et veux se consacrer aux mox, il passe alors à des une ou deux étoiles de chez Sport Cérébral ou Guy Hachette.
13/03/09 Neuneu news
Le Comte Rossalet de Nobel-Garse
Chers moxistes,
Je voudrais vous donner quelques nouvelles de Sergio, le petit notot, celui-là même qu'on discutait dans notre session du 16 janvier, "les moches croisés".
Vous allez peut-être croire que je m’acharne sur ce zig, mais quand on a un neuneu de ce calibre, on ne le lâche pas : on peut être sûr que la grosse marrade est toujours au rendez-vous.
Et puis, on ne peut pas vraiment être méchant avec un naïf-niais – un neuneu, quoi –, car c’est généralement un gentil garçon qui ne veut de mal à personne et qui attire immanquablement une sympathie amusée, quoique légèrement condescendante. Quand un neuneu fait des bêtises, ce n’est jamais ni volontaire ni méchant. C’est neuneu, tout simplement.
Deux ou trois nouvelles donc. Je vous garde la meilleure pour la fin.
D’abord, Sergio, le petit notot, après s’être longtemps tâté sur l’opportunité de continuer son blog au regard du manque de réactivité de son public, a décidé de persévérer malgré tout, mais à son rythme et à son bon vouloir. Tant mieux. Les mots croisés de Sergio a beau être le site le plus con du web, toutes catégories confondues, il a la propriété, extrêmement rare, de nous faire marrer, même si c’est de l’humour involontaire.
Ensuite, Sergio, le petit notot, a arrêté de voter pour son site sur Weborama.
De janvier à février 2009, en moins de deux mois, son site est passé progressivement de 87 votes à zéro. Il ne figure même plus dans les 124 sites figurant au classement de la rubrique Jeux de société – Réflexion.
Pas de honte à cela : de qui, d’après vous, viennent les quelques 170 votes pour le site du Dr MoX ? Je vous avais dit que, en général, l’internaute ne vote pas. Quelques webmasters semblent cependant arriver à faire voter leur visiteurs, à moins qu’ils n’aient un truc, eux aussi.
De toute façon, pourquoi figurer dans le classement ? Juste pour avoir un lien de plus vers son site sur une page ayant un pagerank de 5 ? Il n’est même pas certain que cela améliore le positionnement de son site dans les résultats des moteurs de recherche. Le site de Sergio, malgré son référencement sur Weborama, a toujours été dans le fin fond des réponses des moteurs.
Et puis marre, après tout ! le Dr MoX lui aussi va faire comme Sergio, le petit notot, et arrêter de voter pour son site, pour ce que ça rapporte ! En plus c’est chiant, et la procédure de vote assez lourdingue, il faut le reconnaître. On verra bien dans trois mois si ça change quelque chose au (mauvais) positionnement du site.
Ce qui est cocasse, c’est que Sergio, le petit notot, a fait une fixation sur ce vote : sur chaque page de son blog, il assène avec insistance un « Votez pour mon site ».
Finalement il s’est rendu compte de la vanité de la démarche, et il y a mis un terme.
Enfin, pour moi, c’est surtout la confirmation de ce que je disais la dernière fois : qui, bon sang, qui, irait voter pour un site aussi merdique ?
La troisième chose au sujet du neuneu, c’est que Sergio, le petit notot, a eu une idée ! Ce que j’adore, c’est qu’il l’écrit en blanc souligné au milieu d’un texte tout en noir. Quel événement ! Il faut convoquer les médias !
Alors, son idée, c’est d’insérer sur son blog des grilles créées par les visiteurs. Comme d’habitude, le lien vers la page « la grille des visiteurs » est placé n’importe où dans le foutoir de son menu en colonne de droite.
Je suis prêt à parier toute vos économies qu’on n’est pas prêt d’en voir la queue d’une, de ces grilles. Ou alors, il faudra s’attendre au pire…
Je vous ai gardé le plus drôle pour la fin.
Fin novembre 2008, Sergio, le petit notot, a implémenté un forum sur son blog. En trois mois, ce forum a reçu trois messages. On peut pas dire qu’il nous bouffe toute la bande passante, le Sergio ! Le troisième message est le plus marrant. Le voici :
demande de poste Bonjour à toute l'equipe du site Je viens de découvrir ce forum et je dois dire que je sui restai sctoché par sa simplicité et par sa clarté...un grand bravo a son concepteur !! Je suis moi même modérateur de forum (actuellement au chaumage, j'etait avant sur sur auféminin.com, mais on m'at viré...pas assez reactif et trop de fautes il parait ...passons) Toujours est til que je recherche un nouveau poste de modo, au début je demanderais un salaire correct sans plus, environ 3000 euros par mois seulement pour commencer, mais des petit avantage serait bien apprécié (voiture de fonction, portable, et bien sur connexion internet...). Je précise que je ne travaille pas l'après midi (après 12h30- 13h) car j'ai mes courts de peinture sur soit et en plusse je me mets au karting à pedale. Le lundi et le j'amenne Simon (c mon chien, un coupé coker et chien de trénau) chez l'esteticien ou au pédicure 1 semaine sur2. Si le nombre de message devient plus important (ce que je ne doute pas un instant), il va de soit que je demanderait plus au niveau de la solde, vous le conprendrais aisément je pense. dans l'attente de votre réponse rapide, veuillez agrer M Sergio et toute son équipe mes salutations les plus distingue. amicalement M Ben Kali (Un Modo tres tres pro)N’importe qui aurait compris dès les premières lignes qu’il s’agit d’une grosse vanne, d’un canular.
Mais pas Sergio ! Le petit notot, lui, prend ça au premier degré ! Lisez sa réponse :
Bonjour,Ben, Merci pour votre mot sur le FORUM de mon petit blog mais je suis désolé : je ne cherche pas de collaborateur ! Si je puis me permettre un petit conseil d'ami, ce serait, entre autres,de préciser nettement ce que vous seriez capable de faire et non pas de donner le montant du salaire réclamé et autres avantages !!! Et puis, SURTOUT, de ne pas faire autant de fautes d'orthographe et de français... Je vous souhaite bonne chance dans votre recherche.Vous arrivez à concevoir ça, vous ? Il ne se rend même pas compte qu’on est en train de se foutre de sa gueule ! Comment peut-on être aussi brelot ? Ce mec est incroyable.
Ben Kali a lui aussi répondu, je vous laisse lire sa réponse sur le forum, c’est à se tordre.
Bon, tout ceci est fort plaisant, ça nous fait bien rigoler, mais n’empêche que c’est l’image des mots croisés qui en prend un méchant coup. Comment voulez-vous être pris au sérieux quand on a pour ambassadeur un simplet pareil, incapable de séparer le bouquin du livret !
Où est passé le raffinement intellectuel qu'on est en droit d'attendre des mots croisés, dans ce ramassis de niaiseries ?
Et l'humour, dans tout ça ? C'est consternant. Affligeant !
Le malheur, c’est que Sergio, le petit notot, n’est pas le seul branleur à sévir sur le net. On verra par la suite que les zozos pulullent sur la toile, et que je préfère me limiter à quelques sites de neuneus notoires, parce que sinon, je vais finir par me faire casser la gueule à force de déballer sur tous les barjos qui écument le web des mots croisés.
Mais promis ! Dans pas longtemps, on fera la distribution des bons points, parce qu'il n'y a pas que des trucs nazebroques sur internet !
Discussion
Vaçlav Elku
Il y a une chose sur le site de Sergio, le petit notot, dont tu n'as pas parlé, concernant le dernier item de son menu complètement bordélique : "Vous cherchez un concepteur de mots croisés".
Il y a peu, Sergio proposait textuellement et sans ambiguïté de fabriquer des grilles à la demande, sans toutefois préciser si c'était à titre onéreux ou non.
Pourtant, la première chose qu’il ait faite, c’est de refuser. Voyez la page « Toutes vos questions et suggestions… et des réponses ! », courrier n°4 : un type lui proposait de faire une grille hebdomadaire pour un petit journal amateur d'Uzès.
Sergio avance un tas de raisons comme quoi c'est impossible, parmi lesquelles le temps que ça prend.
Mais alors, pourquoi s'est-il proposé comme moxauteur* ?
Depuis peu, il a modifié son offre, et ne propose plus que de l’aide et des conseils à ceux qui fabriquent des grilles.
Crénom ! Mais le meilleur conseil qu’on puisse donner à ceux qui veulent fabriquer des mots croisés, c’est de les orienter vers un logiciel de génération de grilles, comme Q-Word de chez Quantic-Storm !
Avec ce genre de programme, on fabrique une grille en quelques dizaines de secondes. Ne restent plus qu’à rédiger les définitions, et quand il s’agit de mots croisés niveau rase-mottes comme ceux de Sergio, on construit un problème en trente minutes TTC sans se casser les noisettes !
Priszty ! Mais quels conseils peut-on attendre d’un neuneu pareil, totalement déconnecté de la réalité ! Il se prévaut de 40 ans d’expérience des mots croisés, mais il n’est même pas fichu de fournir une information aussi élémentaire !
Il est clair que nous n’avons pas affaire à un neuneu ordinaire : Sergio, le petit notot, c’est Superneuneu en personne !
28/02/09 Mots croisés et internet
Dr MoX
Chers moxistes,
Le sujet de cette session n’est pas de faire un inventaire de la présence des mots croisés sur internet. Non. Pour cela, le péquin n’a qu’à faire une recherche sur le mot clef « mots croisés » avec n’importe quel moteur de recherche, et il saura tout ce qu’il y a à savoir.
La question, c’est de savoir quelle influence a l’internet sur la pratique des mots croisés. Autrement dit, fait-on aujourd’hui les mots croisés comme on les faisait il y a quinze ou cinquante ans.
La réponse est : oui et non.
Oui, parce qu’il semblerait que, dans les faits, la plupart des moxistes continuent à faire des mots croisés comme dans le temps longtemps, avec pour tout équipement un crayon et éventuellement un dico, le plus souvent un douze ans d’âge ayant lâché prise depuis lulure avec la réalité langagière contemporaine.
Oui, parce qu’il existe encore des troglodytes qui n’ont pas internet, aussi incroyable que cela puisse paraître.
Oui, parce que les moxauteurs* dans leur ensemble n’ont pas du tout intégré la révolution culturelle de l’internet, qui met la totalité de la connaissance humaine à portée de clic. Aussi, leurs grilles restent-elles composées dans un enclos cognitif et lexical strictement délimité, borné par le corpus des dictionnaires d’usage courant, le Petit Larousse et le Robert.
En voici un exemple frappant : la Royale Association Belge des Cruciverbistes (RABC) a choisi le Petit Larousse Illustré comme « seul arbitre de l’exactitude des mots » (sic). De plus, l’association ne change d’édition que tous les 5 ans ! De 2005 à 2009, c’est l’édition de 2005 qui sert de référence.
Déjà, le choix du PLI est particulièrement mauvais, du fait de sa distance avec la langue telle qu’elle se parle. Le Robert aurait semblé un choix bien plus pertinent, en raison de sa prise directe sur la réalité langagière de l'époque. On pourrait dire que le PLI est un dico régulier, confiné dans une enclave lexicale peu perméable, tandis que le Robert est un dico séculier, en prise sur le monde et ouvert à la parlure contemporaine.
Ensuite, une période de cinq ans (!) entre les mises à jour est une décision d’une stupéfiante imbécillité, en rupture manifeste avec le rythme de l’évolution de la société et de l’activité néologique foisonnante qui l’accompagne.
L’inadéquation d’une telle disposition est encore plus manifeste en ce qui concerne les noms propres : cinq années d’écart avec l’actualité ! Mais c'est un véritable fossé historique qui se creuse ! Allez, encore un an, et la RABC pourra introduire Barack Obama et Nicolas Sarkozy dans ses grilles !
C’est vraiment du n’importe quoi.
Il est évident qu’avec des bases aussi inadaptées et des contraintes aussi stupides, la Royale Association Belge des Cruciverbistes se met à l’abri de toute démarche innovante et que ses mots croisés restent férocement ancrés dans l’obsolescence.
La RABC est donc parfaitement représentative d’une pratique des mots croisés « à l’ancienne », archaïque, hermétique au siècle. Déconnectée du réel, ses mots croisés ne produisent pas de sens et n'engagent nullement à une quelconque vigilance sur le monde contemporain. Chez ces gens-là, on ne surfe pas, Monsieur, on ne surfe pas : l’internet reste un mirage lointain, une réalité autre, un gadget superflu sans implication sur les comportements.
Laissons ces zozos dans leur moyen âge, et voyons maintenant en quoi la pratique des mots croisés a été ou peut être transformée par le web, c'est-à-dire pourquoi on ne fait plus les mots croisés comme avant.
Il y a d’abord les outils dédiés directement aux mots croisés que sont les dictionnaires en ligne.
La possibilité, offerte à tous, de faire une recherche de mots par lettres connues constitue une véritable révolution de la pratique du moxiste*. Avant cela, qu’avions-nous ? Des dictionnaires papier classant les mots par ordre alphabétique, par nombre de lettres, et parfois par ordre alphabétique inverse en partant de la finale des mots.
Aujourd’hui, les dictionnaires de mots croisés en ligne rendent caducs l’achat d’un tel ouvrage. La recherche ne se base plus sur les seules lettres initiales ou finales d’un mot, mais sur n’importe lesquelles de ses lettres.
Ça change tout.
Pour le moxauteur*, cela simplifie considérablement la conception des grilles.
Pour le moxiste*, les S du pluriel, les E du féminin, les désinences temporelles, les chevilles faciles, toutes ces balises* qu’on accroche*, voient leur importance stratégique décuplée, car elles sont autant de repères fixes pour la recherche du mot qu’elles complètent.
Une recherche sur « dictionnaire de mots croisés » avec Google fournit les principaux dicos en ligne sur internet.
Le meilleur et le plus complet est le MoXionnaire du Dr MoX. Le plus complet par son corpus (plus de 650 000 mots, très loin devant tous les autres qui plafonnent autour de 450 000), et le meilleur par son ergonomie et la multiplicité des options de recherche qu’il offre : distinction voyelles/consonnes (& et $), alternative en un point du mot ((xyz) pour x ou y ou z), chiffre N représentant une séquence de N lettres, et, cerise sur le gâteau, possibilité de recherche par expressions régulières pour les experts. L’affichage est également optimisé pour présenter le maximum de mots à l’écran et réduire le recours aux ascenseurs.
Cependant, le MoXionnaire ne répond pas à tous les besoins. Il ne comporte pas de noms propres, et ne peut être d’aucun secours pour le Scrabble, son corpus étant presque le double de celui de l’ODS5.
Parmi les autres dicos en ligne, certains sont bien faits, mais on en trouvera d’autres dont on se demande si les mecs qui les ont fait ont bien dix doigts et une queue comme tout le monde, tellement leur interface est merdique et malcommode. Peut-être qu'on consacrera une session du Colloque à l'examen des dicos en ligne, histoire de distribuer des bons points et des bonnets d'âne.
Quoi qu’il en soit, ces nouveaux outils confèrent une dimension nouvelle à la pratique des mots croisés.
Conséquence : les dicos en ligne rendant la résolution des mots croisés plus facile, le moxiste* peut s’attaquer à des problèmes d'un niveau plus élevé que son niveau habituel. Le moxauteur*, de son côté, peut se montrer moins réticent à l’introduction de moxies* « exotiques », dans la mesure où le reste de sa grille fournit suffisamment d’indices pour sa résolution.
Mais il n’y a pas que ça. Le net regorge de ressources, à commencer par les moteurs de recherches, à la base de toute investigation. L’encyclopédie libre Wikipédia, qui fournit une mine de renseignements sur n’importe quel sujet, est aussi un passage obligé dans toute quête d'information.
Le fait que l’on trouve tout sur le net abolit les frontières traditionnelles que le moxauteur* s’impose plus ou moins consciemment.
Je vais prendre un exemple précis. Soit la définition, pour un mot en 17 lettres :
Dr Caca, avec un K.Hermétique, n’est-ce pas ?
Pourtant, avec un peu de patience, de l’astuce et un bon sens de l’investigation, l’internet va permettre de percer cette énigme.
D’abord le moxiste va faire une recherche sur « Dr Caca » (avec les guillemets) sur un moteur de recherche. Un internaute confirmé ne se limitera pas à un seul moteur : il exploitera Google, Yahoo, AOL, MSN, et bien d’autres encore, y compris des métamoteurs.
Hélas, si il fait une recherche uniquement sur les pages francophones, il fera chou blanc. Il tombera sur le blog de la Team Dr Caca, réalisé par quatre gonzesses (Caroline, Amandine, Catherine et Audrey), au contenu dénué de tout intérêt et rédigé en langage SMS. Il trouvera aussi puduku.free.fr, le site dédié à tout ce qui pue du cul, animé par un mec qui se pseudonomme Dr Caca : un site extrêmement moche, qui aurait pu être intéressant si ce Dr Caca avait un réel talent pour la satire. Le moxiste trouvera plein d’autres choses avec beaucoup de caca, mais rien qui répondent à la définition, à cause de ce mystérieux K.
La première astuce est donc d’élargir la recherche au web dans son ensemble, si cela n'a pas été déjà fait.
Là, l'internaute rencontre un obstacle : il y a trop de réponses. À ce stade, je peux dire que la réponse pourrait se déduire dès la première page qu’affiche le moteur. Sur AOL Search, elle pourrait même être trouvée à partir du premier résultat, sauf que le K ne trouve pas encore de justification. Á moins d'avoir du bol, il faut donc creuser un peu plus.
L’astuce finale, celle à laquelle un moxiste traditionnel ne pensera pas, mais que le vrai geek ne manquera pas, sera de faire une recherche non sur les pages, mais sur les images ! Et là, surprise, c’est Yahoo qui fournit la solution comme sur un plateau.
Yahoo donne deux images : un portrait du Dr Caca dans son bureau, et une photo du Dr Caca au chevet d’un malade.
En cliquant sur la première image, on tombe sur la page du Dr Caca à l’Université de Leipzig avec sa photo, son téléphone, et une liste de ses publications. On y apprend que le Dr Caca se prénomme Karel : le voilà, notre K ! On apprend aussi qu’il est gastroentérologue, de renommée internationale d’ailleurs.
GASTROENTEROLOGUE : 17 lettres. La voilà, notre solution !!!
Merci, Dr Caca ! Voici trois photos de lui, bien montrer qu'on se fout de la gueule de personne, ici :
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Plutôt bel homme, non ?
Quelle leçon doit-on tirer de cette exemple ?
Le Dr Karel Caca aura beau être le plus grand spécialiste du trou du balle du monde, sa renommée ne dépassera pas le cercle restreint des proctologues et des malades du cul. On ne trouvera jamais son nom sur un dictionnaire. Le seul endroit où n’importe qui peut le trouver, c’est sur internet.
Voilà en quoi internet révolutionne la pratique des mots croisés : l’extension du domaine de la définition.
À partir du moment où une énigme peut trouver sa solution sur internet, le moxauteur peut l’introduire dans ses mots croisés. Le moxiste, lui, doit faire preuve d’astuce et de persévérance pour la percer. C’est l’essence même de ce jeu.
Pour conclure, je dirais qu'internet est un outil privilégié tant pour la conception des mots croisés que pour leur résolution.
Doit-on s’étonner qu’il ait fallu attendre 2009 et le Dr MoX pour énoncer cette évidence ? Doit-on aussi s’étonner qu’aucun moxauteur n’exploite pleinement cette ressource ? Que les mots croisés restent encore et toujours cantonnés dans un espace cognitif et lexical étroit, basé principalement sur le corpus des dictionnaires ?
Nous répondrons à ces questions ultérieurement car le conformisme et l’absence de comportements innovants sont des traits qui caractérisent le monde des mots croisés. Étant donné qu'ils relèvent davantage de la sociologie des mots croisés, nous les aborderons au cours de sessions à venir.
Discussion
Samir Ithlanus
Internet permet aussi de télécharger des générateurs de grilles, qui fabriquent une grille de mots croisés en quelques dizaines de secondes.
N'est-ce pas là encore une révolution dans la pratique des moxauteurs ?
Dr MoX
Effectivement, je n'ai pas parlé de ce type d'applications.
Ce que je mettrais ici en avant, c'est qu'internet offre une grande facilité pour se procurer ces programmes, parfois même dans leur version d'évaluation, option qui n'était guère possible avant l'essor du web, où l'on n'avait pas d'autre choix que d'acheter le logiciel à l'épicerie informatique du coin, un peu comme une pochette surprise.
Cependant, je préfèrerais aborder ces applications dans une autre session, car elles méritent un traitement à part et une évaluation en profondeur. Il y aura des choses à dire.
Uri Nolly
Je voulais juste signaler l'existence d'un Dr Pipi, avec un P, pour Pascal.
Le Dr Pascal Pipi exerce à l'hôpital de Yokadouma, au Cameroun, où il est le seul médecin en exercice, la santé publique en Afrique étant dans le dénuement le plus complet.
Plus intéressant, nous avons également le Dr Pippi Salle, en 8 lettres. Voici sa photo :
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Tout aussi bel homme, ce mec se prénomme Joao. Il exerce à Toronto. Devinez ce qu'il fait ?
Il est urologue !
UROLOGUE : 8 lettres. C'était le mot à trouver. Merci internet !
30/01/09 Psycholinguistique des mots croisés
Dr MoX
Chers moxistes,
Avant de commencer mon exposé, j’aimerais d’abord vous présenter un nouveau membre du Colloque Perpétuel. Il est francophone, il nous arrive directement du Khemed, c’est un musulman, c’est un imam et il est de confession Hillabite. Je vous présente : Imam Hillabite Al-Hafez.
Imam Hillabite Al-Hafez
Wakh ! Bôjôr à tôs. Bôjôr li bounnes femmes oussi.
Dr MoX
Bonjour à toi et bienvenue parmi nous, Imam Hillabite Al-Hafez.
Venons-en maintenant à notre sujet.
Avec cette session centrée sur la psycholinguistique des mots croisés, nous commençons à sortir de l’anecdote – dans laquelle nous retournerons volontiers –, pour rentrer dans des sujets plus sérieux.
La psycholinguistique est née en 1954 des travaux de Charles Osgood et de Thomas Albert Sebeok. Elle se fonde alors sur le socle de la théorie de l'information et tente d'établir des modèles d'automates finis pour rendre compte des aspects psychologiques de l'activité langagière.
Après avoir connu une première révision, dans les années 1960, sous l'influence du modèle chomskyen de la grammaire générative, elle évolue encore dans les années 1970 vers une psycholinguistique dite de troisième génération, qui se concentre sur l'analyse des processus cognitifs à l'oeuvre dans le traitement du langage chez les locuteurs.
Pour ne pas perdre de temps en exposés sur les bases de ces théories, j’invite ceux qui veulent en savoir plus à consulter les pages de vulgarisation qu’ils peuvent trouver sur internet, avec des mots-clefs comme "psycholinguistique", " théorie de l'information", "sciences cognitives", ainsi que "connexionnisme" et "réseaux neuronaux", pour approfondir la question.
Dans notre session consacrée à la forme canonique des mots croisés, j'avais souligné la qualité de prototype de l'ensemble définitions/grille, organisée topologiquement par une bijection strictement ordonnée.
Nous allons maintenant nous intéresser plus particulièrement aux définitions.
La fonction des définitions est de fournir une information orientant la recherche vers la moxie à trouver.
Cette information est d’ordre grammaticale, le mot grammaire étant ici à prendre dans son sens chomskyen, c'est-à-dire dans son sens le plus large, celui qui réfère à la compétence langagière des individus, à leur faculté d’organiser le lexique et de produire un nombre infini d'énoncés. Ceci recouvre donc les dimensions syntaxiques, lexicales, pragmatiques et énonciatives, et, bien entendu, sémantiques.
Aujourd'hui, nous aborderons seulement les informations syntaxiques.
Les informations syntaxiques indiquent souvent la catégorie de la moxie à trouver : un nom, un adjectif, un verbe, un adverbe, etc., sans oublier bien sûr les chevilles.
Un sous ensemble des définitions est constitué par l’indication explicite de cette catégorie de la moxie : « possessif », « préposition », participe », « article défini », etc. Exemples :
Copule : indique la catégorie de la moxie, peu importe dans quelle théorie syntaxique. Le réponse peut-être ET, ETRE, SEMBLER, PARAÎTRE, etc.
Participe, en deux lettres : il y a onze participes passés en deux lettres, dont neuf finissent par U : BU, DU, EU, LU, MU, PU, SU, TU, VU, contre NE et RI. On placera donc une finale hypothétique en U avec 82 % de chances de réussite.
Mis à part ce cas particulier, les premières informations syntaxiques exploitées par le moxistes sont d’ordre flexionnel.
En premier lieu, il y a une indication sur le nombre. Une définition renvoie à une moxie qui est soit au singulier, soit au pluriel : le moxiste* peut ainsi placer un hypothétique S en fin de moxie, tout en sachant qu'un X a environ une chance sur cent de se réaliser.
Ensuite nous avons les informations de genre, masculin ou féminin, permettant de placer une finale possible en E, et même, éventuellement, selon les autres informations dont il dispose, une désinence en EUSE, TRICE, ANTE, ELLE, ALE, etc. L'information sur le genre est surtout valable que pour les adjectifs, mais elle s'avère précieuse lorsque la définition renvoie explicitement à un nom au féminin, par exemple par le pronom Elle + Syntagme Verbal.
Puis nous avons des informations sur la flexion verbale : temps, mode, personne. Grâce à elles, le moxiste accroche la désinence correspondante : AIT, ASSIONS, ANT, ERENT, etc. Exemples :
Pétasse : ne peut être que la première personne du singulier de l'imparfait du subjonctif du verbe PETER, donc le moxiste accroche* ASSE en fin de moxie.
Nichons : ne peut être que la première personne du pluriel du verber NICHER. Donc, le moxiste accroche* ONS en finale.
Notez bien que, pour l'instant, nous ne traitons pas des ambiguïtés, qui font le charme des mots croisés vraiment intéressants, que nous aborderons dans une future session du Colloque.
Les informations syntaxiques contenues dans une définition sont partielles. Elles ne permettent pas d'élucider l'énigme dans sa totalité, mais fournissent de précieuses indications sur la morphologie de la moxie.
Cognitivement, elles sont les premières à être exploitées par le moxiste. Une lecture superficielle du corpus des définitions fournit immédiatement au moxiste des balises* qui jalonnent sa grille, balises* qui constituent autant d'indices pour la poursuite du crossing*.
Discussion
Laurie Fissanal
Je me souviens d'un article de la revue Le Mots Croisiste, revue fort bien foutue qui paraissait dans les années 1970, introuvable aujourd'hui, qui traitait justement des relations syntaxiques qui, selon les rédacteurs, devaient unir une définition à sa moxie.
Ainsi, dans leur système, une moxie appartenant à une catégorie syntaxique donnée ne pouvait avoir pour définition qu'un syntagme de même catégorie ou portant anaphoriquement la marque de la catégorie.
Vous savez tous que l'anaphore consiste en la reprise d'un segment du discours par un autre segment qui le représente. Les pronoms sont, le plus souvent, les supports de l'anaphore. Voici quelques exemples :
Les trucs que je vois
Ces trucs, tu les vois ?
Ces trucs sont encombrants. Ils me gènent.
Des trucs... Des machins... Les premiers sont encombrants.
Dans ces phrases, que, les, ils, les premiers, reprennent anaphoriquement le thème nominal de l'énoncé (les "trucs").
Dans l'esprit du Mots Croisiste, l'anaphore agissait comme une contrainte syntaxique, une règle de sélection, qui conditionnait strictement la formulation des définitions.
Un substantif ne pouvait être défini que, soit par un autre substantif (Nom -> Nom), soit par un syntagme renvoyant de façon univoque à un nom (Syntagme Nominal -> Nom), soit par un pronom (Pronom + Syntagme Verbal -> Nom).
Il fallait qu'il y ait soit une équivalence des catégories syntaxiques entre la moxie et sa définition, soit une reprise anaphorique de la moxie, et donc de sa catégorie syntaxique, par la définition.
Il en allait de même pour toutes les catégories.
Un adjectif devait nécessairement être qualifié comme tel d'une façon ou d'une autre, par exemple avec l'apport d'un pronom relatif : COMPREHENSIBLE pouvait être défini par Qui peut être baisé.
Un verbe ne pouvait être définit que par une autre verbe, ou bien par un syntagme verbal, mais sans pronom.
Par exemple, Une définition comme Plante des pieds pour VIGNERON était irrecevable. Bien entendu, en la reformulant par Il plante des pieds, on perd toute la saveur de la définition en effaçant l'ambiguïté de catégorie nom/verbe du mot plante. Par contre, Viticulteur ou Mec qui fait des pipes auraient été valides, car obéissant à la contrainte de catégorie.
On imagine bien qu'une telle conception bannit tous les jeux de mots reposant sur l'ambiguïté de catégories, rendant inexploitable le filon des homographes, c'est-à-dire des mots qui s'écrivent pareil mais qui peuvent appartenir à des catégories différentes : nom/verbe, nom/adjectif, verbe/adjectif, verbe/adverbe, nom/adverbe, etc.
Pourtant, cela n'empêchait pas le Mots croisiste de produire une fois par mois, je crois, des problèmes astucieux et intéressants.
Anne Husse
Je précise d'emblée que je n'ai rien à voir avec la Anne Husse qui a été à l'école du Sacré Coeur à Marseille de 1998 à 2002.
Quant à cette blondasse - encore une ! - qui se la pète sur FaceBook, c'est encore pas moi.
Donc, à propos du Mots croisiste, on ne peut certes pas remettre en question l'intérêt de leurs mots croisés, mais, fort heureusement, aucun autre moxauteur n'applique ce principe d'homogénéité des catégories syntaxiques.
C'eût été se mettre à l'abri de l'essentiel de ce qui constitue le plaisir de résoudre des mots croisés, à savoir cette ambiguïté dont tu viens de parler.
Soyons rationnels : cette conception ne repose sur aucune réalité linguistique. D'ailleurs, elle n'est pas transposable dans des langues dont ni la structuration déictique et énonciative ni la morphologie ne s'apparentent au français.
Elles est extrêmement réductrice : elle s'appuie sur une conception de la définition de type "dictionnaire".
Elle tend à limiter une moxie à sa seule signification, et non à son sens, c'est-à-dire à sa dimension sémantique. D'une certaine façon, elle nie la polysémie du langage, c'est-à-dire le fait que les mots ont plusieurs sens, et que ce sens se rejoue à chaque occurrence énonciative.
Dans notre session Les mots croisés, jeu d'énigmes, le Dr MoX a clairement énoncé le fait qu'une moxie n'était pas "définie" par sa définition, mais que celle-ci était en fait une énigme, dans laquelle tous les artifices de la langue sont autorisés pour dérouter le moxiste.
Mais alors, pourquoi s'imposer une telle contrainte ? Je vois deux éléments de réponse à cette question.
Le premier tient à l'influence néfaste de la purista.
Dans le cadre du Colloque, nous n'avons pas encore véritablement
esquinté la purista, cette idéologie
obsessionnelle
de la pureté de la race langue, très prégnante
dans la culture française. Aussi, je ne vais pas m'étendre avant l'heure
sur le cas de ces névrosés.
Le problème, c'est que la purista infeste l'univers des mots croisés comme une véritable vérole. Elle y est beaucoup plus présente que dans d'autres domaines.
Aussi n'est-il pas surprenant d'y rencontrer des postures archaïques et très réductices, empreintes d'ignorance, de préjugés et d'idées fausses.
Ainsi, cette obsession - on ne peut la qualifier autrement - de vouloir faire coïncider les catégories syntaxiques entre la définition et la moxie ne s'appuie sur aucune nécessité. Aucun impératif de la communication n'implique une telle contrainte.
Cependant, c'est une posture qui apparaît comme légitime au regard de la purista.
Le puriste, dans sa phobie de la faute, de l'emploi incorrect, du barbarisme, et dans son culte immodéré pour le bon usage, est le candidat consentant à tout rigorisme, à toute constriction, et autres manoeuvres délibérées d'automortification, dans le but de préserver ce qui, dans la langue, éveille chez lui une angoisse de morcèlement.
Pour la purista, la langue doit être régie et ne saurait tolérer d'écart à la norme.
On trouve donc une bonne illustration de cette obsession dans cette volonté de faire correspondre les catégories syntaxiques.
La deuxième motivation d'une telle attitude tient à une croyance qui était encore fort répandue dans les années 1970, et qui a d'ailleurs toujours des tenants aujourd'hui du fait de l'ignorance généralisée qui entoure le fait linguistique : c'est le fait de croire que la langue est un système formel, qui obéit à une logique binaire, qui, comme l'évoquait tout à l'heure le Dr MoX, pourrait être simulé par des automates à états finis.
Cette conception est très inspirée des théories du behaviorisme. D'ailleurs, ces "théories" ont fait couler beaucoup d'encre jusque vers la fin des années 1950, avant d'être explosées par les avancées de la linguistique et l'émergence de la sociolinguistique.
Effectivement, dans le cadre d'une telle croyance, il ne peut y avoir que des relations systématiques, contraintes, et en nombre restreint, entre les unités linguistiques.
Cette tendance se fonde sur le fanstasme d'une langue qui serait débarassée de sa polysémie, une langue qui serait univoque, dont tout énoncé serait prédictible et calculable.
La coïncidence des catégories est une conception extrêmement formaliste de la langue, qui s'intègre parfaitement dans le cadre de cette vision fantasmée.
Fort heureusement, elle n'a pas fait école.
15/01/09 Les moches croisés
Le Comte Rossalet de Nobel-Garse
Chers moxistes,
Comme promis, notre session d'aujourd'hui portera encore sur l'esthétique des mots croisés, sauf qu'elle traitera de la laideur au travers d'un contre-exemple.
Sans déconner, je crois que je tiens le champion toutes catégories de la hideur, de l’amateurisme, de l’incompétence et de la niaiserie dans le concours du pire site de mots croisés du net.
Le site que je vais vous présenter va nous éviter de nous fatiguer les molaires à éplucher le web et commenter une à une les diverses horreurs qu’on peut y trouver.
Allez donc faire un tour sur ce blog :
lesmotscroisesdesergio.unblog.fr
Le mec dans le rôle-titre s’appelle donc Sergio. En toute amicalité, et pour préserver la confidentialité, je le surnommerai, « le petit notot », en souvenir d’Ulysse 31, vous vous rappelez ? « Je suis Nono, le petit robot, l’ami d’Ulysse… »
Pourquoi ? Parce que tout est tellement naze sur ce blog que je ne sais pas par quel bout le prendre, et que le commenter, c’est un peu les douze travaux d’Ulysse : Le Lion de Mémée, L’Hydre de Jules Verne, la Biche aux Pieds d’Argile, Le Cendrier d’Amiante, Les Écuries de Borgia, Les Oiseaux de Fer du Lac Téfal, la Vache Molle des Crétins, Les Cheveux de Mordred, Le Poudrier d’Hippocryte, les Bœufs de la Région, les Pommes d’Or du Jardin des Hystériques, et l’Entraînement du Berbère.
Alors vous m’excuserez si cet exposé est un peu décousu, mais l’essentiel, c’est de bien se marrer.
Commençons donc par le commencement, avec, par ordre chronologique, la bannière de haut de page : un ciel nuageux rougeâtre, une roue de charrette, une corbeille de fruits… On croirait la desserte horrible du salon hyper kitsch d’un vieux beauf en marcel et Birkenstock.
Ensuite on a la photo du mec. Ne me dites pas qu’il a une tête à faire des mots fléchés : il en fait ! Je cite :
Personnellement, je fais des mots croisés depuis… plus de 40 ans !!!!! Et j'ai pris l'habitude […] de faire, chaque jour, AU MOINS une grille de mots croisés et une grille de mots fléchés, en commençant toujours par la grille de mots fléchés, théoriquement plus aisée (quoi qu'elle puisse s'avérer, parfois, plus “piégeuse”…). Je me suis aperçu que le fait de procéder ainsi me permettait de “démarrer doucement” et d'embrayer, ensuite, sur la “partie noble”.Il faut pas trop lui bousculer la théière, à Sergio. C’est un laborieux de la pensarde ! Il a raison d’être prudent, des fois que ça lui mettrait le neurone en diagonale ! Faut faire chauffer la mécanique, comme un vieux diésel !
Bon, après, vous avez un gif animé. Il en a foutu partout, ce naze ! Sur toutes les pages ! C’est casse-pieds ! Y a rien de plus chiant que ces trucs qui gigotent tout le temps.
Ensuite, vous avez le puéril « jouez avec Sergio !!!! », illisible dans sa police animée avec effet glittering qui ferait vomir même la grosse ménagère américaine à bigoudis.
Laissez-moi vous la faire, sur son même fond de page couleur caca mou :
... Le manche à étiquette !
Mince ! J'en vois trois qui quittent déjà la salle ! Attendez ! Ça ne fait que commencer !
Ensuite, des polices blanches, jaunes, rouges, ... Vous remarquerez sur l'ensemble du site la multiplication des polices, des graisses, des styles, des couleurs, témoignage d’un amateurisme et d’un mauvais goût qu’on ne doit pas mettre en doute.
Observez maintenant le menu sur la droite : un vrai foutoir. À part « accueil », rien n’est à sa place.
En bas de page, vous avez la cohorte des pubs pour les annuaires. Chaque logo va chercher son image sur son site propre, ce qui multiplie le temps de chargement. Qu'est-ce qu'on en a à foutre, vraiment ? Et Sergio, le petit notot, ne sait-il pas que c'est aux annonceurs de payer s'ils veulent figurer sur sa page ?
Détail amusant : il y a une petite zone de saisie avec un bouton « chercher » à côté. Essayez-le : saisissez un mot quelconque figurant sur le site. Voyez le résultat : ça fonctionne même pas !
Ça, c’était pour la page d’accueil.
Le reste est encore pire, notamment les pages contenant des mots croisés, comme celle-ci.
Les grilles de mots croisés de Sergio, le petit notot, sont sans aucun doute les plus laides du monde. Les cases sont des rectangles aplatis. Il y a un point dans chaque case, nul ne sait pourquoi. Le quadrillage englobe même la numérotation, qui utilise la combinaison lettres/chiffres romains là où de simples chiffres auraient fait l’affaire. Dans toutes les grilles, la pseudocase en haut à gauche contient N1 : encore un mystère.
Quand vous l'imprimez, les caractères des définitions sont trop gras et les cases de la grille trop petites. C'est vilain comme tout.
Maintenant, les cases noires.
Sergio, le petit notot, ne connaît rien d’autre que Microsoft et Internet Explorer. Sous IE, ses cases noires ressemblent à deux petites crottes de nez. Sous Firefox, Opera ou Safari, elles contiennent NN. Pourquoi ? Parce que Sergio, le petit notot, se sert de la police Wingdings pour faire ses cases noires au lieu d’un bête remplissage comme n’importe quel idiot sans expérience le ferait. Et les Wingdings, seuls les produits Microsoft les interprètent correctement.
Mieux encore : sous Firefox, ses grilles ne ressemblent plus à rien. La largeur des colonnes n’est plus respectée. On lui a signalé le problème. Selon lui, c’est la faute à Firefox ! Un comble ! Qu’a-t-il fait pour y remédier ? Rien.
Laissez-moi vous faire montrer. Ça, c'est sous IE :
Ça, c'est sous Opera :
Et ça, c'est sous Firefox :
Quant à ça, c'est sa "nouvelle façon de fabriquer des grilles". Regardez le VIII vertical :
Seigneur ! Avez-vous déjà vu abomination aussi monstrueuse ? La Gorgone elle-même virerait vieille bouse toute sèche à ce spectacle !
Non ! Ne partez pas ! J'en vois encore cinq qui foutent le camp. Restez ! Surmontez vos nausées ! Il nous faut absolument continuer pour pouvoir consolider le barreau du bas de notre échelle des valeurs !
Poursuivons. Regardez la composition de sa page : de grandes plages blanches, de longueurs inégales, entre les problèmes de mots croisés. Ça, c’est fait pour l’imprimante, « pour avoir tout sur la même feuille », comme il le dit en intro de chaque mots croisés. Bien sûr, ça ne marche que pour IE. Avec les autres navigateurs, la mise en page n’est plus la même.
Pourquoi ne pas avoir mis chaque mots croisés sur une page indépendante ? Pourquoi ne pas avoir fait un lien vers un fichier pdf, un format universel, qu’il suffisait d’imprimer ensuite ?
Bon sang ! OpenOffice est libre et gratuit et sait générer un fichier pdf en un seul clic, même à partir d’un document Word !
Petite cerise sur le gâteau : jetez un œil sur le code source de la page : vous y trouverez en trois endroits des litanies de balises <strong></strong> vides. J’en ai dénombré environ 1500 ! Soit vingt-trois ko de sa page qui ne servent strictement à rien et ralentissent le chargement ! Comment diable a-t-il fait ça ? Il s'est endormi sur son clavier, ou quoi ?
C’est hallucinant. Autant d’ignorance, autant d’aberrations. Moi, ça me file le vertige.
Mais ce site n’est pas que laid, kitsch, ringard et bordélique au possible : il est aussi profondément niais.
Voyez ses pages "A propos de mots croisés..." et "Toutes vos questions, vos suggestions … et des réponses !"
Vous allez rire. En en-tête (en en-tête !), et en caractères gras, il cite la "critique" de lisabuzz.com. Lisabuzz n'est rien qu'une routine à laquelle vous donnez votre nom et le nom de votre site, et qui vous pond un panégyrique stéréotypé tiré au hasard parmi une douzaine de modèles. Est-ce du second degré ? On peine à y croire, le reste du site étant si naïf et terre-à-terre.
On relève aussi l'insistance dans la sollicitation du vote. Nous autres, chez le Dr MoX, savons combien il est difficile de faire voter l'internaute, même en lui proposant des services gratuits (le MoXionnaire), un rédactionnel substantiel, des concours et des produits de qualité. L'internaute, ça l'arrache de voter, même s'il est tous les jours sur ton site.
Alors là, en plus, qui pourrait bien voter pour ces pages infâmes et ces mots croisés déplorables ? Qui ? Qui, en dehors du petit notot lui-même, qui fait comme tout le monde et vote de temps en temps pour son propre site. De toute façon, pour ce que ça rapporte...
Très maladroit aussi, cet avis qui précède chaque mots croisés :
IMPORTANT: Ces grilles, fournies gratuitement par l'auteur, sont la propriété de l'auteur. Il est formellement INTERDIT de les copier, les diffuser, de quelques manières que ce soit. L'auteur se réserve le droit , dans le cadre le plus légal, de poursuivre les éventuels plagieurs. Merci pour votre compréhension.C’est cocasse à plus d’un titre.
D’abord, parce que qui, grand dieu, qui pourrait bien vouloir pomper ces merdouilles qu'on ne voudrait même pas pour égayer du papier cul ?
Ensuite, parce qu’il suffisait à Sergio, le petit notot, de mettre son site sous licence Creative Commons pour qu’il soit protégé légalement contre toute utilisation abusive, et ce par une simple mention en bas de la page d'accueil, ou par la présence d’un petit logo, sans cette agression manifeste qu’il répète en caractères gras en prélude à chaque mots croisés.
Je crois que nous avons eu assez de fuyards comme cela. Je vous laisse découvrir par vous-mêmes les autres réjouissances que nous réserve ce blog ridicule.
Quant aux mots croisés eux-mêmes, il est inutile de s'apesantir : ils sont carrément débiloff. Les définitions exploitent une synonymie de premier niveau avec, de ci de là, quelques tentatives ratées de faire de l'esprit. En plus, elles sont truffées de fautes d'orthographe à la manière d'un clafoutis. Et puis avec quinze cases noires dans un 9x11, je te parle pas de l'expérience du mec.
Disons-le : si les mots croisés de Sergio avaient été un tant soit peu intéressants, ça aurait fait passer tout le reste. Cependant, un type capable de faire des mots croisés de qualité n'aurait jamais fait un site aussi minable.
Hostie de calice et gotverdom ! On a déjà vu des pas doués, mais des comme ça, on devrait les décorer de l’ordre du démérite.
Discussion
Père Cénobite San Fermàl
J’ai bien écouté ton réquisitoire, et ma foi, sur le fonds, il me semble paré des vertus du Vrai et du Juste.
Mais Sergio, le petit notot, n’est-il point homme et fils de l’homme ? N’a-t-il point été racheté par le sang du petit Jésus, fils de notre Seigneur et de la Vierge Marie, la bonne mère de toute grâce ? Ne va-t-il pas, comme nous tous, l’ecchymose à l’âme ? Mérite-t-il notre opprobre ? Si nous le piquons, saigne-t-il pas ?
Dr MoX
Père Cénobite San Fermàl, je répondrai à cette question, si le Comte Rossalet de Nobel-Garse le veux bien.
Nous ne pouvons l’absoudre, et ce pour trois raisons.
Premièrement, Sergio, le petit notot, intervient dans la sphère publique. Á ce titre, il s'expose donc à la contradiction.
Mais surtout, il intervient dans un domaine qui nous est cher : celui des mots croisés. Et qu’en fait-il ? Il l'avilit. Il en donne une image fortement dégradée.
Que ce bouffon soit complètement bredindin, c'est une chose.
Qu'il ait décidé de le faire savoir au plus grand nombre, c'est son affaire.
Qu'il le fasse au détriment des mots croisés, ça devient notre affaire.
Ceci nous légitime déjà suffisamment dans notre démarche critique.
Deuxième point, au sujet de son ingénuité en matière technique.
Admettons : il y a un an, il s'est lancé dans la réalisation de son blog. Qu’il n’y connût que dalle à cette époque, passe encore. Mais depuis, bon sang, depuis, une année entière s’est écoulée ! N’a-t-il pas eu le temps de s’acheter quelqu’ouvrage en vue de compléter son ignorance ? Je ne sais pas, moi, « HTML pour les nuls », par exemple ? Sûr que « Internet pour les cons » aurait été plus pertinent, mais le bouquin n'est pas encore paru.
Et puis, cadédiou, il y a un tas de mecs qui, pour pas cher, lui auraient fait un site convenable !
Dernier point enfin.
Le petit notot se réclame d'une expérience de quarante ans dans les mots croisés. Sur cette page, il cite même la mythique revue " le Mots Croisiste", qui paraissait dans les années 1970.
Cependant, ses propos sont extrêmement lacunaires et réducteurs. Il ne dit rien des grands noms du genre, ne cite ni Favalelli, ni Laferté, encore moins Scipion, Laclos, ADN...
En fait, il ne parle de rien. Je vous laisse lire ses pages : les truismes le disputent aux platitudes. Les infos sont du réchauffé. Le tout est rédigé dans un style CM2 moyenne section.
Il semble en être resté au stade des Sport Cérébral deux étoiles, sauf que ses grilles sont infiniment loin d'en avoir le qualité tellement elles sont branques, et de Tristan Bernard et Renée David au niveau chronologique.
Mais que se passe-t-il aujourd'hui, dans les mots croisés ?
Aujourd'hui, c'est chez le Dr MoX que ça se passe.
Le Dr MoX innove. Sa conception révolutionnaire des mots croisés apporte un paveton à l'édifice. Ses définitions sont non seulement bourrées de poésie jusqu'à la gueule, mais en plus elles sont déjantées, truculentes, elles bousculent les conformismes. Ses mots croisés sont en rupture avec leurs prédécesseurs. En plus, ils sont intélijan.
Sans parler du MoXionnaire qui, avec plus de 641 000 mots à la date d'aujourd'hui, est de très loin le dictionnaire de mots croisés le plus complet du web.
Tout ceci ne semble guère intéresser le petit notot, qui ne fait même pas un lien vers le site du Dr MoX dans sa page de liens, dont la plupart pointent d'ailleurs vers des sites sans intérêt, alors que d'autres, bien plus consistants et élaborés, sont passés à l'as. Est-ce que c'est de l'info, ça ? Ce blog est complètement déconnecté du réel. C'est l'Ile aux Enfants des mots croisés.
Tenez-vous bien : Sergio, le petit notot, n'a même pas acheté les mots croisés du Dr MoX !!!
Il est évident que les bornes ont des limites et qu'il est des abus dont il ne faut pas exagérer.
On peut être amateur, ça n'excuse ni l'amateurisme, ni le mauvais goût, ni la stupidité, encore moins la pingrerie de ce fesse-mathieu.
06/01/09 Esthétique des mots croisés
Dr MoX
Chers moxistes,
En toute activité humaine, il y a une esthétique, c'est-à-dire une manière de faire et de présenter les choses qui fait appel à notre conception de la beauté et de l'harmonie.
Il en va de même pour les mots croisés.
Les mots croisés ont une signature visuelle. Dans un journal, la rubrique des mots croisés s'identifie au premier coup d'oeil. Cela signifie qu'il y a un certain nombre de constantes et de variables dont la mise en forme distingue les mots croisés du reste de la masse textuelle.
Ce sont les attributs de cette mise en forme qui constituent l'esthétique des mots croisés.
Les mots croisés étant une activité scripturale, il est évident que l’essentiel de cette esthétique relève du domaine de la typographie.
Cependant, le Colloque Perpétuel n'a pas pour vocation d'être un cours de typographie. C’est un métier. Il y a des écoles pour ça. Et pour en savoir plus, le claviottage du mot "typographie" sur Amazon fournit une cinquantaine de références sur le sujet.
Le fait est qu'il n'est pas donné à tout le monde d’être un typographe émérite ou un designer de talent. Mais entre le foutoir bariolé et bordélique d’un blog d'ado sur Skyblog, et la mise en page hyper chiadée d’un professionnel classé trois Q dans le Gaud & Michet, il y a tout un espace dans lequel le commun des mortels peut s’exercer à la réalisation d’une présentation correcte, efficace, qui tienne la route, et un tant soit peu personnalisée.
L'esthétique des mots croisés n'est pas un sujet dogmatique. Il n’y a pas de règles au sens strict, mais des des principes généraux et des choix de composition.
En l’occurrence, on parlera de ceux qu’a fait le Dr MoX, choix qui sont visibles dans le démox et dans les mots croisés qu’il vend dans la boutique du Dr MoX.
Le Dr MoX respecte la forme canonique des mots croisés telle que nous l’avons décrite dans notre précédente session du Colloque Perpétuel.
Un problème de mots croisés du Dr MoX occupe un pavé rectangulaire. Ceci donne un aspect professionnel à la composition, contrairement aux présentations qui laissent apparaître de grandes plages vides, ce qu’on voit sur la plupart des sites de mots croisés, comme ici, par exemple.
Le rectangle est aussi la forme la plus économique en terme de surface. Dans les magazines en papier, les mots croisés occupent toujours un pavé rectangulaire ou à peu près. Tout simplement parce que la surface imprimable n’est pas extensible à l’infini, et que le papier a un coût.
Dans un pavé du Dr MoX, nous avons la grille dans le coin inférieur droit, et les définitions qui l’habillent en suivant le contour à angle droit de son coin supérieur gauche.
Les définitions sont bien entendu justifiées de façon à ne pas créer un effet de rateau sur leur bord droit.
Cette disposition n’est absolument pas due au hasard. Partant du principe que la plupart des gens sont droitiers et qu’ils écrivent sans se contorsionner, le fait de positionner la grille en bas à droite fait que la main du verbicruciste ne survole jamais les définitions. Il n'y a jamais d'obstacle entre l'oeil du moxiste* et la grille.
Ce principe d’ergonomie est d’une simplicité confondante. Pourtant, rares sont ceux qui l’appliquent, tant chez les professionnels que chez les amateurs. Voyez, par exemple, les livres des éditions Zulma qui éditent les mots croisés de Scipion et Laclos : la grille occupe le haut de la page et les définitions sont en dessous. Dans le Canard enchaîné, la disposition est exactement l’inverse de celle du Dr MoX, la grille étant en haut à gauche. Avec ce genre de disposition, le verbicruciste doit nécessairement retirer sa main pour avoir l’accès visuel aux définitions.
le Dr MoX apporte un soin à l’apparence de sa grille de mots croisés. Celle-ci est entourée d’un trait gras en triple épaisseur, de couleur noire. À l’intérieur de ce cadre, le treillis de la grille est un trait simple. Il est d’une couleur différente de celle du cadre, dont il est distant d’une épaisseur.
C’est bien joli, allez !
Les cases noires du Dr MoX sont pleines : elles remplissent toute la case, et sont de la couleur du treillis, une couleur plutôt douce que vive.
La numérotation des rangées et des colonnes est en chiffres arabes. Le Dr MoX ne voit pas vraiment l’intérêt, tant pratique qu’esthétique, de distinguer la numérotation horizontale de la verticale. En fait, quand on y réfléchit, on se demande bien pourquoi tant de mots croisés adoptent cette numérotation mixte, qui ne répond à aucune nécessité réelle.
Mais la touche personnelle du Dr MoX, sa marque de fabrique en quelque sorte, c’est la forme de la case.
Une case du Dr MoX n’est pas carrée : elle est rectangulaire, même si c’est de façon presque imperceptible. Sa hauteur est d’environ dix pour cent supérieure à sa largeur.
Nous sommes vraiment, là, dans une considération d’ordre purement esthétique.
Ancien joueur de go, le Dr MoX s’est inspiré du penchant oriental pour la dissymétrie. Le jeu de go se joue sur un plateau, le goban, et le joueur pose ses pierres (c’est le nom des pions du go) sur les intersections d’un carré de 19 lignes de côtés, soit 361 intersections. Mais ce « carré » n’est pas carré. Traditionnellement, les 324 cases ainsi dessinées sont légèrement dissymétriques, dans cette proportion de cinq à dix pour cent, au seul motif de l’harmonie du tableau. Les joueurs s’installent de part et d’autre du goban, sur la largeur du rectangle, et non sur sa longueur : les rectangles sont oblongs, et non aplatis.
Le Dr MoX a repris ce principe dans ses grilles, les cases étant légèrement plus hautes que larges. De plus, cela peut se justifier : une case legèrement rectangulaire est bien mieux adaptée à la forme des lettres capitales de l’alphabet latin, lettres qui, à part le M et le W, s’inscrivent dans des rectangles oblongs.
Cet ensemble de considérations constitue les choix esthétiques du Dr MoX. Voyons un peu maintenant ce qui se fait dans le monde réel.
Nous avons d'un côté les publications professionnelles, tant la presse spécialisée que les encarts de mots croisés des divers journaux. Étant fabriqués par des typographes de métier, ces mots croisés respectent les conventions de la profession et dégagent chacunes leur esthétique propre.
Là où nous entrons pour de bon dans un monde merdique, c’est sur le web. Dans l’ensemble, c’est vraiment l'horreur.
En l'absence des contraintes liées au coût du papier et aux exigences d'économie, il n’y a le plus souvent aucune mise en page digne de ce nom.
Le visuel n’est absolument pas travaillé. Il n’y a aucune élaboration dans l’agencement grille-définition. La grille se balade d’un côté, les définitions de l’autre… De vastes plages blanches déséquilibrent la page.
Très souvent, les définitions sont données sous forme de liste, où l’on revient à la ligne après chaque rangée ou chaque colonne.
On a aussi les couleurs à chier, les polices mal adaptées, les grilles mal foutues... Le design semble être totalement absent des préoccupations de la plupart des concepteurs.
Á cela s'ajoute les contingences purement matérielles liées à la fabrication d'un site web, activité qui nécessite un minimum de compétences techniques. Il y a un certain nombre de choses qu'il faut connaître : le HTML, bien sûr, mais aussi les formats pdf ou rtf, ainsi que le gif et le jpeg.
Il faut savoir aussi se servir les quelques logiciels périphériques qui interviennent dans la réalisation d'un site, comme un traitement de texte, un tableur, et un logiciel graphique. Une certaine maîtrise de l'informatique en général est toujours souhaitable.
S'il s'agit d'un blog, ça vaut vraiment la peine d'en explorer toutes les fonctionnalités, et de se familiariser avec le langage CSS pour personnaliser ses pages et améliorer sa présentation.
Force est de constater, à surfer sur les divers sites consacrés aux mots croisés, que l'incompétence est la règle plutôt que l'exception.
Ce manque de soin apporté à la réalisation des sites donne le sentiment que le web est submergé par un tsunami d’amateurisme qui confine parfois au je-m’en-foutisme.
Maintenant, il nous faudrait quelques exemples pour illustrer cet exposé. Mais sur ce chapitre, je vous laisse la parole : je suis sûr que certains d’entre vous nous ont dégoté de petites perles pour enrichir notre musée des horreurs.
Discussion
Sam Troulku
Je voudrais dire un mot sur la forme des cases. C’est vrai que les cases légèrement rectangulaires et oblongues du Dr MoX sont d’un raffinement aristocratique, n'ayons pas peur des mots. Les cases carrées, c’est moins joli, c’est sûr.
Quant aux cases qui sont aplaties, plus larges que hautes, je le dis franchement : c’est carrément la chose la plus laide que j’ai jamais vue en ce monde.
Hank Locke
Je voudrais d'abord signaler que je ne suis pas le Hank Locke qui a été diplômé en 1981 à la Sanborn Regional High School de Kingston, dans le New Hampshire (ouvrez un compte pour plus de renseignement sur ce type).
Rien à voir non plus avec ce Hank Locke qui est directeur national des ventes de Tibor Leather (idem pour le compte).
Quant à ce gamin maigrichon à poiscaille et casquette de traviole qui claque sur Facebook, c'est toujours pas moi (idem).
Je rappelle seulement que j'ai un homonyme, Hank Lock (sans E), qui était musicien et auteur de musique country.
Pour en revenir à nos affaires, je suis bien d’accord avec Sam. les cases plates, c’est carrément les pavés de l’enfer !
Mais je voudrais surtout saluer le coup de génie des fondateurs de Sport Cérébral. D’accord, ils ont des cases banalement carrées, mais leurs cases noires !
Il faut reconnaître que ces cases noires qui ne remplissent pas tout à fait leur compartiment, c’est d’une classe ! C’est un visuel qui ruine grave.
C’est d’ailleurs devenu leur marque de fabrique, avec en plus le fait qu’il n’y en a jamais deux contigües.
Les mots croisés de Sport Cérébral, ils ont de la gueule, c’est un fait.
Le Comte Rossalet de Nobel-Garse
Nous sommes tous d'accord : les sites de mots croisés sont, dans l'ensemble, extraordinairement laids et fort peu élaborés. On pourrait passer des jours et des jours à les critiquer un à un.
Mais je crois que j'ai mis le doigt sur un site en particulier, d'une mocheté sans pareil. C'est une telle abomination qu'il en devient la parfaite illustration d'une esthétique de la laideur et du mauvais goût.
Son examen détaillé nous épargnera de surfer à droite et à gauche et de se perdre dans de longues énumérations, mais j'estime préférable qu'il fasse l'objet d'une session du Colloque Perpétuel à part entière.
Aussi je vous donne rendez-vous à notre prochaine réunion.
18/12/08 Le canon des mots croisés
Dr MoX
Chers moxistes,
Toujours dans notre optique de description scientifique et positiviste des mots croisés en vue de fonder les bases de la moxologie, je traiterai aujourd’hui de la forme canonique des mots croisés, c'est-à-dire de l’architecture type d’un problèmes de mots croisés, autrement dit de la disposition standard de ses divers constituants, par rapport à laquelle les autres formes de présentation pourront être qualifiées de variantes.
Ainsi, dans sa forme canonique, un problème de mots croisés occupe un bloc rectangulaire.
Ce bloc primordial se subdivise en pavés :
Le pavé de l’en-tête : il contient l’intitulé (« mots croisés »), le numéro du problème, parfois la signature (« Les mots croisés de Untel »), et éventuellement un logo ou une illustration, comme dans le Canard enchaîné.
Le pavé des définitions.
Le pavé de la grille.
Le pavé de la signature, sauf si celle-ci figure déjà dans l’en-tête.
Facultativement : le pavé de la solution du problème précédent.
Facultativement : le pavé des notes (par exemple « définition transmise par… », toujours dans le Canard).
La grille de mots croisés, dans sa forme canonique, est un rectangle (ce qui inclut les carrés).
Ce rectangle est divisé en colonnes et en rangées, dessinant ainsi des cases. Certaines de ces cases sont pleines, et s'appellent des cases noires.
Le format d'une grille s'exprime par sa largeur et sa hauteur. Si la dimension la plus fréquente des grilles tourne autour des 9x11 ou 10x12, soit environ 100-120 cases, on trouve aussi des grandes grilles allant de 225 (15x15) à 400 cases (20x20), et des grilles géantes contenant plus de 500 cases (par exemple 19x29 chez Sport Cérébral).
Les rangées et les colonnes d'une grille sont numérotées. Il existe deux types de numérotation : la numérotation outdoor* et la numérotation indoor*.
Dans le cadre de la numérotation outdoor*, la plus fréquente, la grille est bordée par la numérotation des lignes, située sur la gauche du rectangle, et la numérotation des colonnes, située au dessus du bord supérieur du rectangle.
Exemple : les mots croisés du Dr MoX sont tous en numérotation outdoor*.
La numérotation des médianes* peut se faire de trois façons différentes :
par des chiffres arabes : 1, 2, 3, 4…
par des lettres capitales : A, B, C, D…
par des chiffres romains : I, II, III, IV…
Très souvent, on observe une combinaison de deux de ces options, chiffres-lettres ou chiffres-romains, mais on note que le chiffre arabe est généralement présent sur l'un des deux axes au moins. Les combinaisons lettres-romains, lettres-lettres ou romains-romains sont rarissimes. Étant donné la largeur variable des chiffres romains (I, III, VIII, IX…), ils sont le plus souvent employés pour numéroter les médianes* horizontales plutôt que les verticales.
Il n’est pas rare que, dans les mots croisés géants, la numérotation soit répétée sur les bords droit et inférieur de la grille pour faciliter le repérage.
Exemple : les grilles géantes dans les revues de Sport Cérébral.
Dans le cadre de la numérotation indoor*, les numéros sont à l’intérieur des cases blanches. Chaque numéro correspond au début d’une moxie*, c'est-à-dire d’un « mot » des mots croisés, et donc chaque numéro jouxte une frontière*, c'est-à-dire un mur* ou une case noire.
Le numéro est placé dans le coin supérieur gauche de la case.
La numérotation indoor* se fait toujours en chiffres arabes, pour des raisons évidentes : il n’y a que 26 lettres dans l’alphabet et beaucoup plus que 26 mots dans un mots croisés ; quant aux chiffres romains, ils sont trop encombrants et peu lisibles.
Dans sa forme canonique, la numérotation indoor* s’effectue comme suit : on parcourt la grille dans le sens de la lecture, de gauche à droite et de haut en bas. Dès que l’on tombe sur une case qui correspond au début d’une moxie*, que ce soit dans le sens horizontal, vertical, ou les deux, on lui attribue sa coordonnée, en partant de 1 et en suivant l’ordre croissant des entiers naturels.
Exemple : les mots croisés de Max Favalelli aux éditions Zulma. Toutes les grilles sont au format 20x20 avec numérotation indoor*.
Voyons maintenant les définitions.
Dans sa forme canonique, le pavé des définitions est soit rectangulaire, et dans ce cas il se situe à droite, à gauche, en dessus ou en dessous de la grille, soit il suit le contour de la grille, en l'habillant (comme les mots croisés du Dr MoX), ou en se divisant en deux colonnes (comme les mots croisés du Canard).
Le pavé des définitions se subdivise en quatre parties : deux pavés portant les mentions « horizontalement » et « verticalement », et deux pavés portant le corps des définitions.
En numérotation outdoor*, les définitions sont associées à leur moxie* par leur abcisses pour les horizontales, par leur ordonnées pour les verticales.
Conventionnellement, les définitions se terminent par un point (.), voire par un point d’exclamation (!), d’interrogation (?) ou de suspension (…), c'est-à-dire par un signe de ponctuation qui marque habituellement la fin d’une phrase. Cette ponctuation sépare les définitions des moxies* d’une même ligne ou d’une même colonne. Les ambiguïtés qui peuvent apparaître de ce fait étant facilement élucidables, cette convention ne pose pas de problèmes insurmontables au moxiste*.
On notera cependant que dans la numérotation indoor*, il n’y a qu’une seule définition par numéro sur un même axe debout* ou allongé*, et donc aucune ambiguïté possible.
Voilà pour la forme canonique des mots croisés.
Toutes sortes de variantes sont attestées, dont la plus notoire est celle qui consiste à séparer les moxies* par des traits gras, et donc de ne pas utiliser de cases noires. Elle est cependant très peu répandue en dehors de certains jeux spécifiques, et j'en parlerai plus longuement dans une session consacrée à la case noire.
Discussion
Yves Égée
Je crois qu'il est important de noter que la forme canonique des mots croisés décrite par le Dr MoX s’est fondée spontanément, dès les premiers problèmes publiés dans les années 1920, et qu'elle n'a guère varié depuis.
Elle s'est construite sans théorisation préalable. Elle n'a pas fait l'objet d'une évolution ou d'une longue période de maturation. C'est comme si elle avait fait l'objet d'une révélation. Elle semble innée et non acquise.
C'est en ce sens, je crois, qu'on peut la qualifier de naturelle.
Jude McOoye
Le Dr MoX parlait de numérotation rarissime, et bien figurez-vous que j'ai justement un exemple de numérotation lettres-chiffres romains, la plus rare d'entre toutes.
Jetez un oeil sur ce site. Il est d'un amateurisme flagrant et d'une laideur à faire saigner les yeux, mais passons sur ces détails.
Dans les douze premières grilles, on constate l'utilisation de lettres en abscisses, et de romains en ordonnées. C'est peu banal !
Mais l'auteur, qui s'appelle Sergio, nous garde le meilleur pour la fin. Dans sa grille numéro 13, la dernière à l'heure où nous parlons, il fait l'inverse, et utilise les chiffres romains pour numéroter le vertical !
Son VIII vertical tient tout juste dans la largeur de colonne, mais dans cet autre problème, il est carrément rogné à droite et à gauche.
Question : comment ferait-il pour numéroter la colonne XVIII dans un 20x20 ?
On notera aussi qu'il sépare les définitions d'une même médiane par des étoiles (*), ce qui n'est guère conventionnel et qu'on peut même considérer comme superflu, mais qui a au moins le mérite de ne pas être aussi idiot que le reste de son site.
Elsa Sticcamore
J'ai ici un moxauteur* québécois qui s'appelle Germain Savard, et qui fait un truc marrant : dans ses mots croisés 12x12, il numérote ses lignes et ses colonnes de façon continue, de 1 à 12 pour les allongés*, et de 13 à 24 pour les debout*.
De cette manière, il s'épargne les mentions "horizontalement" et "verticalement". Il pourrait ainsi compacter ses définitions en un seul bloc ! Cependant, il laisse un large espace entre les définitions horizontales et verticales, sans doute pour que ça reste plus lisible.
L'analyse de cette variante la situe comme étant un intermédiaire entre la numérotation outdoor*, dont elle conserve la localisation extérieure à la grille, et la numérotation indoor*, dont elle reprend la continuité de l'indexation.
02/12/08 La moxologie révélée
Dr MoX
Chers moxistes,
La proctologie est la branche de la médécine qui s’occupe du trou de balle. Alors si même les trous du cul ont leur science à eux, on voit pas pourquoi les mots croisés n’auraient pas la leur !
Le début du vingtième siècle a vu naître la psychanalyse, la science de l’inconscient. Le début du vingt-et-unième siècle voit naître la moxologie, la science des mots croisés !
Introduction à la moxologie, Le mots croisés et sa relation à l’inconscient, Cinq leçons sur la moxologie : ne seraient-ce pas là de bien beaux titres pour des ouvrages à venir ?
Une révolution épistémologique est en marche ! Á quand une chaire de moxologie à la Sorbonne ?
On a fort peu écrit sur les mots croisés. Je ne connais que deux bouquins qui traitent du sujet :
Pratique des mots croisés, de Roger La Ferté et Jacques Capelovici, 1975, Que sais-je n°1624. Ce tissu de conneries recense méthodiquement tout ce qu’il faut oublier au sujet des mots croisés. Ce torchon in daebila daebilorum n’a fort heureusement jamais été réédité.
Mots croisés et psychologie du langage, de Jacques Wittwer, 2004, L’Harmattan : un texte assez hermétique, mais qui a au moins le mérite de respecter les règles et la méthodologie du discours scientifique.
Sinon, il y a des écrits plus courts sur les mots croisés, certains historiques, comme ceux de Tristan Bernard ou George Perec, et d’autres que l’on trouve en abondance sur internet.
Revenons à la moxologie.
La moxologie traite des mots croisés. Par son objet, elle se situe à la croisée de trois grands domaines de la connaissance : les sciences littéraires, les sciences du langage, et les sciences humaines.
Elle peut être abordée par d’autres disciplines : celles des sciences de la communication, de la psychologie et des sciences cognitives, de la sémiologie, de la sociologie, de l’anthropologie, de l’ethnologie… On qualifiera ces approches sectorielles par préfixation : médiamoxologie, psychomoxologie, sémiomoxologie, sociomoxologie, anthropomoxologie, ethnomoxologie, etc.
Une enquête sociomoxologique, par exemple, s’intéressera aux publics des mots croisés : classe sociale, âge, niveau d’étude, activité professionnelle…
Comme toute discipline scientifique, la moxologie a besoin de sa terminologie. Le vocabulaire de la moxologie, son jargon, est compilé dans le termox.
Les études sur la terminologie des mots croisés s’appelle la moxoterminologie. Le Colloque perpétuel consacrera de nombreuses interventions à la moxoterminologie, ce qui permettra de se familiariser avec ce langage spécialisé.
Il y a une branche de la moxologie qui constitue le socle de la discipline dans son ensemble : c’est la moxétique. La moxologie traite des mots croisés en général et selon tous les points de vue. La moxétique concerne spécifiquement le mox, c'est-à-dire le problème de mots croisés. La moxétique étudie l’économie d’une grille, les rapports qu’entretiennent entre eux ses constituants fondamentaux : la grille, la case, le mot, la lettre, la case noire, la définition.
La moxétique est un outil théorique descriptif, de la même façon que la phonétique sert à décrire les sons de la langue.
Les solux, c'est-à-dire les solutions commentées des mots croisés du Dr MoX, s’achèvent toutes sur un court exposé de moxétique qui décrit le mox et rend compte de ses spécificités.
Discussion
Elijah Kulpa
Je précise en premier lieu que je ne suis pas l'une des sept personnes nommées Elijah Kulpa qui ont été recensées aux Etats Unis.
Cette chose étant éclaircie, j'ai une question : la moxologie s'intéresse-t-elle aux mots fléchés ?
Dr MoX
En fait, la moxologie s'intéresse à tous les trucs qui touchent de près ou de loin aux mots croisés, même les plus nazes, c'est-à-dire tous les jeux où, d'une manière ou d'une autre, on fait interagir des unités linguistiques entre elles selon un principe d'énigmes et de croisements.
Les mofs*, autrement dit les mots fléchés, sont une variante des mots croisés apparue en France en 1969. Il est évident que les mots fléchés sont des mots croisés, mais dont la particularité de contenir les définitions dans les cases qui, dans un mox*, seraient noires, entraîne certaines conséquences en terme de moxétique.
La sociologie des mots fléchés est également différente de celle des mots croisés. Les deux disciplines n'ont qu'une partie de leur public en commun.
Mais nous traiterons des mots fléchés dans une session particulière spécialement dédiée à cette pratique.
Aussi, la réponse à ta question est : oui, la moxologie s'intéresse aux mots fléchés.
25/11/08 Les mots croisés, jeu d'énigmes
Dr MoX
Chers moxistes,
Dans quelle catégorie de jeu peut-on classer les mots croisés ?
Les mots croisés sont un jeu de réflexion, mais les jeux de réflexion sont légion et de types très divers. Qu’est-ce donc qui distingue les mots croisés des autres jeux de réflexion ?
Dans les annuaires sur internet, on voit souvent les mots croisés classés parmi les jeux de lettres. Malgré l’aspect pratique de la chose du à la nécessité de réduire le nombre de catégories quitte à tolérer les approximations, c’est une erreur sur le fond. Les mots croisés ne sont pas un jeu de lettres.
Certes, les moxies*, c'est-à-dire les « mots » des mots croisés, sont faits de moxèmes*, c'est-à-dire de lettres. Dans un mots croisés, une case doit soit être noire, soit contenir une lettre. Les lettres trouvées constituent autant d’indices pour compléter les autres mots de la grille.
Notons que le moxème* peut ne pas être une lettre de l’alphabet. Exemples :
L’aqueux dans la bouche de Marie Curie : H2O.
Truc pour faire péter : C4.
Mecs qui bourrent pendant une journée entière : 24 HEURES DU MANS.
À eux deux, ils peuvent tirer une demie douzaine de coups d’affilée : SMITH&WESSON.
Ce genre de moxie* est extrêmement rare, mais pas impossible. Le moxème* exotique, quel que soit le genre de caractère, s’il n’est pas croisé avec une autre moxie*, peut très bien être isolé dans une pince* ou dans un crabe*.
La catégorie des jeux de lettres ne convient donc pas aux mots croisés. Le Scrabble ou les Lettres de Des chiffres et des lettres peuvent être rangés dans cette catégorie.
Dans ces jeux, il s’agit de constituer des mots. Dans la plupart des jeux, ces mots répondent à une règle. Ils doivent figurer dans l’ODS pour le Scrabble. Ceux de Des chiffres et des lettres doivent figurer dans le Larousse ou le Robert, et les verbes ne doivent pas être conjugués.
Dans les mots coisés, un « mot » est une unité constituée d’une suite de « lettres » limitée par un mur* ou une case noire. Il n’y a aucune restriction concernant la morphologie ou l’attestation du mot dans les dictionnaires. Il peut même appartenir à une langue étrangère.
En cela, les mots croisés se distinguent des autres jeux de lettres. C’est pourquoi le Dr MoX préfère employer le terme « moxie* » plutôt que « mot » pour qualifier la chose, afin de faire une distinction entre le « mot » au sens courant du terme et le « mot » qu’on trouve dans les mots croisés.
Une moxie* est une séquence continue d’au moins deux moxèmes* limitée par deux frontières*.
Une moxie* n’est soumise à aucune restriction morphologique ou orthographique autre que celles que s’impose le moxauteur*. Les moxies* non lexicalisées sont appelées des chevilles*.
Pour cette raison, les mots croisés ne sont pas non plus un jeu de mots. D’abord, parce que l’expression est déjà sémantisée et réfère aux calembours, contrepèteries, et autres plaisanteries du même tonneau. Ensuite parce que les mots croisés ne contiennent pas que des « mots » au sens courant du terme, les chevilles* en étant l’exemple le plus évident.
La caractéristique commune à tous les mots croisés est de reposer sur le langage. Les définitions sont des actes de langage. Les moxies* à trouver sont des réalisations du langage. Il n’y a rien dans les mots croisés qui ne relève pas du langage.
En ce sens, on peut classer les mots croisés parmi les jeux de langage, terme que l’on préfèrera à "langue" en ce qu’il ne se limite pas à une langue particulière, mais à la faculté de langage commune à tous les êtres humains.
Mais le Scrabble lui aussi, malgré ses restrictions lexicographiques, sa stratégie combinatoire et son pendant arithmétique, mobilise les compétences langagières et peut se classer dans cette catégorie.
Le propre des mots croisés est d’associer par bijection un ensemble linguistique, les définitions, à une structure iconographique constituée par la grille. Cette structure iconographique est de type tableau, dans le sens de liste ordonnée. Chaque case du tableau contient une donnée : un moxème*. Ce concept de bijection est essentiel dans les mots croisés. Il n’y a pas de mots croisés sans bijection entre deux structures, l’ensemble des définitions et la grille.
Dans cette bijection, les moxies* sont reliées aux définitions, tandis que les frontières* et les pinces* correspondent aux séparations entre les définitions, c'est à dire à la ponctuation et aux numéros des médianes.
Qu’est-ce qu’une définition ? Le sens commun du mot est extrêmement restrictif. Il signifie seulement « ce que veut dire » un mot.
Dans les mots croisés, un mot « ne veut pas dire » sa définition. Un mot entretient une relation plus ou moins floue, unique dans chaque cas, avec sa définition.
Au sens large, une définition est une énigme. Comme dans l’histoire d’Oedipe et du Sphinx, une définition est un énoncé auquel il faut trouver la bonne réponse. Ce n’est pas pour rien que les mots croisés ont tout de suite été associés à ce mythe, un sphinx étant un verbicruciste, et un oedipe étant le cruciverbiste.
L’énigme des mots croisés a une caractéristique : c’est une énigme linguistique, une énigme qui se pose et se résoud dans la langue. Il ne s’agit pas de trouver une chose, un objet, une personne ou une idée, il faut trouver une moxie*, c'est-à-dire un « mot » à placer dans la grille. Les définitions sont dans la langue, et il faut trouver des objets de la langue.
À ce titre les mots croisés sont beaucoup plus proches des jeux de questions tels Questions pour un champion, que des jeux de lettres comme le Scrabble, bien que sur la forme, les mots croisés semblent beaucoup plus proches de ce dernier. Cette similitude est un leurre.
En conclusion, les mots croisés sont un jeu d’énigmes linguistiques.
Il faut entendre par « linguistique » ce qui est propre à la langue, dans la langue, et non pas ce qui a trait à la discipline scientifique appelée linguistique.
Ces énigmes linguistiques reposent sur une bijection entre un ensemble textuel et une structure iconographique de type tableau.
Discussion
Jeffrey K.K. Dan McCullott
Je tiens d'abord à féliciter le Dr MoX pour l'élégance de sa description du principe des mots croisés. Je pense que le concept de bijection est central dans la compréhension du phénomène.
Il faut cependant y apporter une précision.
Il y a dans la grille de mots croisés une relation entre les moxies*, relation qui n'existe pas dans l'ensemble des définitions ; c'est celle du croisement.
Les mots se croisent, pas les définitions.
Á cause de cela, on ne peut parler d'isomorphisme.
Les définitions se succèdent. Leur succession s'établit en vertu de l'ordonnancement de la gaufre*, mais en dehors de cela, elles sont indépendantes les unes des autres.
Chacune d'elles est une énigme à part entière, et le parallèle avec les jeux de questions est très pertinent. Mais c'est la relation d'interdépendance entre les moxies*, relation qui découle justement de leurs croisements, qui aide à les résoudre.
Sans cette relation, les mots croisés ne se distingueraient en rien du Jeu des mille euros, l'animateur en moins pour filer un petit coup de pouce vers la soluce.
Emma Sculley
Avant tout, je tiens à dire que je n'ai rien à voir avec Emma Sculley, cette blondasse londonienne qui affiche sa gueule dans FaceBook.
Rien à voir non plus avec Emma Sculley, cette jeune nageuse australienne, née le 14 février 1997, qui a fini quatrième au Ballina Memorial Christmas Carnival le 12 décembre 2004 au Ballina Olympic Pool de Ballina, Australie, et dont on peut voir la photo ici.
Cela dit, je voudrais évoquer le blaireau de l'autre jour, le Roi Dagobert des mots croisés, celui qui file ses définitions à l'envers.
Dans le cadre d'une démarche scientifique et positiviste, il est nécessaire de procéder à une description rationnelle et précise du phénomène des mots croisés. Celle que nous propose le Dr MoX est tout à fait satisfaisante comme base de départ.
Mais en dehors de ce cadre épistémologique rigoureux, le principe des mots croisés semble si évident qu'on pourrait penser qu'il se passe de toute explication superflue.
Or, le Comte Rossalet de Nobel-Garse a attiré notre attention sur un cas de déviance cognitive pour le moins singulier.
Chez cet abruti qui réalise les mots croisés de linternaute.com, la bijection grille/définitions n'est pas enfreinte, elle est pervertie. En inversant les correspondances gauche/droite et haut/bas, c'est un peu comme si les flèches de la bijection qui relie les deux ensembles s'entrecroisaient.
Il convient donc d'insister sur le fait que notre bijection est strictement ordonnée. Elle est orientée, comme le bonhomme d'Ampère. On ne donne pas les définitions dans n'importe quel ordre, mais dans un sens conventionnel : d'abord l'horizontal, de gauche à droite et de haut en bas, puis le vertical, de haut en bas et de gauche à droite.
19/11/08 Des mots croisés... différents !
Le Comte Rossalet de Nobel-Garse
Chers moxistes,
On tombe parfois sur de drôles d'allumés, y compris dans les mots croisés, où ce genre de rencontre est tout à fait inattendue.
Allez donc jeter un oeil sur ces pages :
http://www.linternaute.com/mots-croises/grille/63/
http://www.linternaute.com/mots-croises/grille/62/
http://www.linternaute.com/mots-croises/grille/61/
http://www.linternaute.com/mots-croises/grille/60/
http://www.linternaute.com/mots-croises/grille/59/
http://www.linternaute.com/mots-croises/grille/57/
http://www.linternaute.com/mots-croises/grille/56/
Le principe des mots croisés semble être des plus simples et pouvoir se passer de tout commentaire. On n'imagine pas un journal qui expliquerait à ses lecteurs la "règle du jeu" en accompagnement de sa grille habituelle. On pourrait supposer que même le dernier des crétins serait capable de comprendre en un instant l'évidence de la corrélation entre l'ensemble des définitions numérotées et l'emplacement des mots à trouver sur la grille.
Pourtant, le mec qui a fait les mots croisés du site de linternaute.com n'a visiblement pas assimilé la chose.
Observez bien ses grilles.
D'abord, le plus dingue : ses définitions sont... à l'envers ! Sur une même ligne, il donne les définitions en partant des mots situés sur la droite de la grille en allant vers les mots de la gauche, et sur une même colonne, du bas vers le haut ! C'est tellement inattendu qu'il m'a fallu un long moment et consulter les solutions pour comprendre le truc !
Quelle genre de folie est-ce là ?
Mais il n'y a pas que ça.
Le mec accroche* des chevilles invraisemblables en nombre hallucinant !
Voici quelques exemples de mots désordonnés, introuvables à partir de leur définition :
Précieuse, oui, mais ici ridicule : INMERAEE pour MANIEREE (27).
Pas étonnant, avec cette musique, qu'ils se mettent dans cet état : ARSTAS pour RASTAS (25). Bonjour le jugement de valeur !
Dans cet état, elle donnera des oeufs brouillés : ELLAIC pour CAILLE (24).
Il y a aussi des chevilles aux définitions ineptes, mal conçues, voire carrément fausses :
Complète bien an, bu, ca, etc... : TIN (27). Butin, catin, je veux bien, mais antin ? C'est quoi, ça ?
Suivi de ne elle va monter : IARG (26). Il s'imagine que le seul fait d'utiliser le mot "monter" suffit à faire comprendre qu'il faut écrire de bas en haut. La confusion est totale.
A incliné le fier Sicambre mais pas à ce point là : IMER (27). Rémi est l'évêque qui a baptisé Clovis. Même remarque que pour la précédente définition : l'indice qui doit laisser entendre que le mot est à prendre à l'envers est complètement bancal.
Langue du sud : OG (23). N'importe quoi.
La plupart des définitions sont incongrues, souvent incompréhensibles, même avec la soluce :
Rare mais possible avec Armande, mais ni avec Arlette ni avec Charlotte : EPECTASE (27). Mais c'est qui, ces greluches ?
Ska pour Arthur : AE (27). C'est qui, Arthur ? C'est quoi, AE ?
En général revers, comme en Indochine : PAREMENT (27). Quel rapport avec l'Indochine ?
Le mec est nul en orthographe, ce qui fait problème dans le domaine des mots croisés où chaque signe compte. Exemples :
Pourra se faire voire chez les grecs : GEOMETRE (27). Aucun rapport avec les Grecs, à qui il manque la majuscule.
Auto elle ne se limite pas à Renaud et Mercedes : CRITIQUE (26).
Trois dix-huitième : RRR (26). Il manque un S du pluriel.
Le mec en question a du prendre en main la rubrique "mots croisés" de linternaute.com à partir de la grille 21, en novembre 2005. Avant ça, les grilles au format 12x12 étaient inintéressantes, mais au moins étaient-elles cohérentes.
Changement d'auteur, changement de format : on passe à des 8x8 ou 9x7, un format assez stupide en lui-même.
Entre les grilles 21 et 27, la désorganisation et l'incohérence augmentent de façon linéaire.
La grille 21 est aussi ridicule que les suivantes, mais les définitions sont encore dans le bon ordre.
Dès la grille numéro 22 les premières aberrations apparaissent :
Intérieur d'un canon de la DCA : EMA. L'âme est l'intérieur d'un canon. Mais pourquoi la DCA ? Ensuite, il n'est pas dit qu'il faut l'écrire à l'envers.
Respire mal en montant : ALAR, avec une erreur inexcusable sur le temps du verbe.
Que de romains ! : IVILIIII.
À partir de la grille 23, au format 13x12 sur le thème de Noël, les définitions sont à l'envers.
Si l'on ajoute à cela le fait que pour aller à la grille suivante, il faut cliquer sur « grille précédente », et que pour aller à la précédente, il faut cliquer sur « grille suivante », le site tout entier donne le sentiment d'être dans un monde merdique, comme dirait l'autre.
Globalement, c'est comme si on assistait à l'évolution d'une psychose depuis l'émergence du délire jusqu'à l'étape précédant immédiatement son éclosion.
Il n'y a rien après la grille 27, datée de mars 2006, comme si le sujet avait définitivement basculé dans un mutisme psychotique.
En termes techniques, je dirais donc que ce mec est plus qu'un crétin : c'est un vrai barjo !
Discussion
Oleg Ron Hibbard
Ce site est un chef d'oeuvre du portenin'ouaque, et je félicite notre ami le Comte Rossalet de Nobel-Garse de l'avoir porté à notre attention. C'est tellement con que ça en devient extraordinaire.
Visiblement, à linternaute.com, ça n'a l'air de déranger personne, puisque ces "mots croisés" mal croisés sont là depuis novembre 2005, c'est-à-dire depuis plus de trois ans, à dater d'aujourd'hui.
Ne me dites pas qu'il y a des gens pour résoudre ces mots croisés ! À sa façon, le moxauteur* de linternaute.com a réussi (et répété) l'exploit qu'avait tenté George Perec, celui de faire un problème de mots croisés insoluble. Sauf que là, ce n'est pas par la difficulté intellectuelle des grilles, la rareté des mots ou la complexité des définitions, c'est par leur profonde incohérence et leur totale imbécillité.
Ce mec est sans conteste différent. Différent furieux, même !
Dr MoX
N'empêche qu'avec leur merde, ces bâtards sont toujours dans les premiers résultats d'une recherche sur le terme "mots croisés" avec Google ! Il m'est même arrivé de les avoir en première ligne, la place dont rêvent tous les webmasters quand on fait une recherche sur leur mot clef principal !
Autrement dit, nous avons là un site dont le contenu est plus que succinct et surtout de très mauvaise qualité, dont l'intérêt est nul en dehors d'une galerie des monstruosités, qui n'a qu'un rapport de pure forme avec les mots croisés, et qui propose depuis trois ans des problèmes que personne ne fait jamais, mais qui, pourtant, caracole en tête du classement des résultats du moteur de recherche le plus important et de loin le plus consulté du monde.
Pendant ce temps, une tapée de sites consacrés aux mots croisés, bien plus sérieux et infiniment plus étoffés, dont le nôtre en particulier, sont relégués au fin fond de ce classement.
Avouez que c'est agaçant, tout de même !
23/10/08 Le syndrôme Capelo
Dr MoX
Chers moxistes,
Nous autres, linguistes, étons sans arrêt confrontés à l’ignorance généralisée des sujets de la langue et de la linguistique.
Les blaireaux informés de notre qualité nous harcèlent de questions stupides, et le fait d’en inventorier deux-trois et d’y apporter quelques réponses cinglantes va nous permettre d’y voir plus clair.
La question, pour l’instant, n’est pas de définir ce qu’est la linguistique ni qui sont les linguistes, mais plutôt de commencer par dire ce qu’elle et ils ne sont pas.
Pour ce faire, j’aurais besoin que l’un de vous accepte de jouer le rôle du candide. J’ai pensé que Mahatma Pinjebandhur ferait ça très bien. Ainsi, on l'appellera le Mahatma Candide.
Mahatma Pinjebandhur
Très drôle !
Dr MoX
C’est bien là le but.
Je vais te demander d’endosser quelque temps la peau d’un authentique crétin, cent pour cent pure buse, et de m’adresser les remarques ou les questions débiles qu’on attend de ce genre de mec.
Mahatma Pinjebandhur
D’accord. Alors, voilà, euh…
Dis-donc, tu parles mal ! T’y as dit « nous étons » au lieu de « nous sommes » dans ta première phrase. C’est une faute de français ! En tant que linguiste, tu devrais donner l’exemple !
Dr MoX
Excellente remarque à la con ! Merci, Mahatma.
Elle appelle plusieurs commentaires.
C'est vrai que, dans les représentations populaires, le linguiste est souvent assimilé au puriste. Le linguiste est supposé « savoir » la langue, aussi devrait-il causer comme un académicien en représentation, avec accord du COD en trois exemplaires contresignés et subjonctif à tous les étages. Cette croyance, fort répandue, est en rapport avec ce que j’appelle le syndrome Capelo, à cause de l'image caricaturale que cet espèce de schtroumpf à lunettes donne d'un type qui prétend en connaître un bout sur le langage.
Il suffit pour l’instant de retenir qu’il n’y a pas plus diamétralement opposés que la linguistique et le purisme. La première traite de la connaissance sur la langue et le langage, le second répand l’ignorance sur ces sujets. Cette vermine intolérante, xénophobe et réactionnaire que sont les puristes constitue par contre un excellent sujet d’étude pour les linguistes, tout comme les venins, les poisons et les nuisibles intéressent les biologistes.
En second lieu, la parole est un acte. C’est un concept sur lequel on reviendra abondamment, car il est fondamental dans la théorie du langage telle que la conçoit le Dr MoX.
En tant qu’acte, la parole est libre, dans sa forme comme dans son contenu. J’entends par liberté non pas l’aspect légal de la parole, non plus que la dimension philosophique ou politique du mot "liberté", mais le fait que la parole procède toujours d’un choix du locuteur. Autrement dit, en chaque point de son discours, le locuteur procède à des choix : choix lexicaux, choix grammaticaux, choix énonciatifs. C'est toujours le locuteur qui choisit le thème de son énoncé, le vocabulaire qu'il emploie et la façon de l'agencer syntaxiquement.
Cette liberté de la parole est soumise à deux exigences. D’un côté, l’efficacité du message : on parle pour produire du sens. De l’autre, la norme : on ne parle pas n’importe comment, d’abord parce qu’on ne le peut pas – essayez, pour voir –, ensuite parce que que l’efficacité du message s’en trouverait compromise.
Les règles qui régissent notre parole pour garantir l'efficacité du message, qui font que l'on est compris par nos interlocuteurs et qu'on les comprend à notre tour, constituent ce qu'on appelle la norme linguistique.
C’est sur la nature et le statut de la norme que se fourvoie la purista, tandis que pour le linguiste, elle est un objet d’étude dans ses aspects sociaux et grammaticaux.
Revenons maintenant à notre énoncé « fautif » : j’ai dit « nous étons » par choix personnel (liberté de la parole), pour produire un effet de sens (efficacité du message). Ici, c'est un effet comique que j'ai voulu produire. Les plus fins auront noté que si étons est la forme au présent de l’indicatif première personne du pluriel du verbe être, alors sa forme au futur sera « étrons », ce qui devrait faire marrer même les plus mélancoliques.
Toujours en terme d’efficacité, on constate que tout le monde a compris mon énoncé, aussi mon acte de parole est-il réussi sur ce plan.
En conclusion, donc, le linguiste n’est pas un puriste.
Par sa connaissance du fait langagier, le linguiste ne peut pas être puriste. Par son ignorance du fait langagier, le puriste ne peut pas être linguiste. Il y a là une totale incompatibilité.
Les linguistes étudient la langue telle qu'elle se réalise, et non telle que le fantasme de quelques maniaques obsessionnels voudrait qu’elle soit. Pour un linguiste, tout énoncé est un phénomène linguistique valide, y compris les plus atypiques.
Merci de votre attention.
Discussion
Mahatma Pinjebandhur
À propos de Maître Capelo que tu citais à l’instant, ce mec-là est-il linguiste, oui ou non ?
Je rappelle que je suis toujours dans mon rôle de connard ignorant, hein, parce que je tiens pas plus que ça à me coller la honte.
Dr MoX
Jacques Capelovici, qui s’est fait Maître à la télévision, est l’antithèse même du linguiste. C’est certes un polyglotte, agrégé de langues, et spécialiste de l’ancien scandinave, mais il n’a strictement rien retenu de ses cours de linguistique, si jamais il en a suivis. Au contraire, il paraît clair qu’il a tout pris à contresens.
Parler une langue, ou plusieurs, ne donne aucune compétence à rendre compte de cette langue, pas plus que d’avoir un corps, malade ou en bonne santé, ne fait de vous un docteur en médecine.
Maître Capelo n’est rien d’autre qu’un phénomène de foire qu’on exhibe dans des émissions de divertissement. Il est l’une des personnalités les plus représentatives de la purista.
Paix à son âme !
Mahatma Pinjebandhur
Mais Maître Capelo n’est pas mort !
Dr MoX
Hein ? Mince, alors ! La dernière fois que je l’ai vu, c’était rudement bien imité !
7/10/08 Mots croisés et raie du cul
Dr MoX
Chers moxistes,
Commençons par le commencement, et parlons de notre principal apport lexical : le mot mox, néologisme pétulant d'inventivité servant à désigner les mots croisés.
L'intérêt d'un néologisme est de donner plus de consistance à un phénomène, de le rendre plus compact, de lui conférer une identité plus affirmée. Une désignation propre permet une meilleure distinction de la chose désignée, et notamment de l'opposer à des choses similaires mais pas identiques.
Ainsi, le terme mox renvoie de façon univoque à ce qu'on appelait jusqu'à présent et faute de mieux un « problème de mots croisés », grille et définitions comprises.
Ceci exclut de facto des trucs approchants, comme par exemple ces entrecroisements de mots qui n'ont en commun qu'une seule lettre et qui dessinent un espèce de réseau éclaté à la façon d’un plateau de scrabble, exercice généralement sans intérêt auquel seuls les vrais nazes accordent considération.
Notons que le terme de mots croisés lui-même ne s'est pas forgé spontanément, puisque la première grille parue en France en 1925 était baptisée « la mosaïque mystérieuse ». Je crois que le terme de mots croisés est apparu pour la première fois peu après, en 1925 également, mais je n’en suis pas sûr.
On peut s’étonner que ce soit un mot composé, qui plus est sans trait d’union, qui se soit lexicalisé, et nom une forme agglutinée ou un mot-valise, comme mocroisé, crucimot, ou quoi que ce soit d’autre.
Dans la construction du mot mox, les deux premières lettres sont empruntés à mots croisés et le x symbolise le croisement. C’est beau, c’est concis, c’est efficace, ça parle. En un mot, c’est kiffant.
Le mot mox est maintenant lancé sur le marché linguistique. Espérons que l’usage veuille bien le consacrer en l’intégrant au lexique commun et qu’il fera son entrée dans les dictionnaires courants, grâce à qui ? Grâce au Dr MoX et au Colloque Perpétuel !
Discussion
Ray Deffaysse
Je tiens d'abord à préciser que je n'ai rien à voir avec Madame Raymonde Deffaysse Belle, élue en mars 2008 aux élections municipales de Montclar-Sur-Gervanne, dans la Drôme.
Ceci dit, je voulais attirer votre attention sur le point commun entre les mots croisés et la raie du cul.
Dr MoX
Ça alors ! Et quelle est-elle ?
Ray Deffaysse
Et bien, tout comme les mots croisés, la raie du cul n'a pas de nom en propre, hormis cette association de trois mots, « raie » plus « du » plus « cul ».
Vous ne trouvez pas ça bizarre ?
Qu'une partie du corps aussi visible, aussi évidente, aussi centrale, n'ait pas eu le privilège de recevoir une dénomination compacte pour elle toute seule, surtout dans le domaine de l'anatomie, avec leur manie de coller un nom sur chaque chose, des plus infimes aux plus vastes, y compris sur les trous et sur les espaces entre les choses ?
Bien, sûr, on peut dire le sillon fessier, ou encore la raie culière, mais ça fait toujours deux mots.
J'ai bien pensé à « entrefesse », et je l'ai cherché sur mes dictionnaires. Je ne l'ai trouvé que dans le Quillet de 1953, pour désigner, je cite, « la protubérance située entre les fesses, et immédiatement en arrière du pis de la vache ».
Le cul de la vache ! Et rien qui concerne notre cul à nous ! Alors, je demande : pourquoi les lexicographes ont-ils écarté la raie du cul ?
Je propose donc de saisir incontinent le Conseil Supérieur de la Langue Française, afin qu'une commission de terminologie statue sur cette lacune manifeste et la comble dans les plus brefs délais.
Ainsi, la raie du cul entrera dans tous les dictionnaires, desquels elle a toujours été si injustement bannie.
2/10/08 Ouverture du Colloque Perpétuel
Dr MoX
Chers moxistes,
S’il y a un jour à marquer d’une perte blanche, c’est bien aujourd’hui !
Car, ce jeudi 2 octobre 2008, s’ouvre avec le Colloque Perpétuel la première grande réflexion sur les mots croisés jamais entreprise par la main de l’homme.
Dans la seconde moitié du vingtième siècle, les mots croisés sont devenus un phénomène de société omniprésent. Regardez autour de vous. Les grands journaux d’information ont chacun leur petit encart de mots croisés. Observez les rayons des revendeurs de presse : avec un panel d’une quarantaine de magazines, on peut réellement parler d'une industrie des mots croisés. Aucun domaine ne possède autant de revues spécialisées ni de linéaire dans les kiosques. L’internet lui aussi regorge de sites consacrés entièrement ou en partie aux mots croisés.
Mais en contrepartie, bien qu’omniprésents, les mots croisés brillent par leur discrétion. Ils sont là, ils font partie du paysage. Somme toute, on en parle peu. Absents des grands médias que sont la télévision et la radio, ils n’attirent guère l’attention. Ils échappent ainsi aux investigations des penseurs. Les mots croisés ont un statut d’épiphénomène.
Tant mieux pour nous, parce que ça veut dire que tout reste à faire.
Tel est le projet du Colloque Perpétuel.
Aussi, fort de ce programme qui a de quoi dérider les plus austères, moi, Dr MoX, je déclare ouvert le Colloque Perpétuel !